VIH/sida : une riposte mondiale, mais sous-financée

Écouter /

(Photo : ONUSIDA)

À la veille de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'UNICEF et l'ONUSIDA ont lancé ce mercredi 30 novembre leur 5ème rapport commun sur la situation du VIH/sida dans le monde, annonçant une « riposte mondiale » à l'épidémie, en dépit d'une situation économique difficile qui se traduit par une baisse du financement mondial à cet effet.

Les efforts des dernières années semblent avoir porté leur fruit dans une certaine mesure, avec une baisse de 15% du nombre de nouvelles infections en 2010 par rapport à il y a dix ans. Ainsi, 2,7 millions de personnes ont été infectées par le VIH en 2010, portant le nombre total de personnes vivant avec le virus à 34 millions pour cette même année. De plus, le nombre de décès liés au sida dans le monde a baissé de 22% entre 2005 et 2010, avec 1,8 million de décès l'an dernier. L'OMS note que cette période correspond à la montée des programmes d'accès aux traitements antirétroviraux (ARV). Plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire, dont trois ayant une épidémie généralisée (Botswana, Namibie et Rwanda) sont ainsi parvenus à l'accès universel aux traitements antirétroviraux, ce qui signifie qu'au moins 80% des personnes ayant besoin de la thérapie la reçoivent.

Dans leur rapport conjoint, l'OMS, l'UNICEF et l'ONUSIDA constatent aussi que l'incidence du VIH a baissé dans 33 pays, dont 22 en Afrique subsaharienne. Des progrès qui sont cependant mitigés par la hausse de cette incidence en Europe orientale et en Asie centrale, ainsi qu'au Moyen-Orient et en Afrique de l'Ouest et centrale.

La prévention de la transmission mère-enfant du VIH, qui était au centre de l'engagement mondial manifesté lors de la réunion de haut niveau tenue sur le sujet aux Nations Unies en juin 2011, a également connu des progrès. En 2010, 48% des femmes enceintes vivant avec le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire bénéficiaient de schémas thérapeutiques plus efficaces. En revanche, seulement un enfant sur quatre ayant besoin de traitements antirétroviraux y a accès.

La stigmatisation des populations clés qui connaissent une plus forte incidence de VIH/sida, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les travailleurs du sexe, les utilisateurs de drogues injectables et les jeunes filles d'Afrique subsaharienne, continue d'être un obstacle majeur dans la lutte contre le VIH/sida.

A cela s'ajoute une baisse dans le financement des programmes de lutte contre le virus au niveau international. Après des années d'augmentation sensible, ce financement a diminué en 2010, passant à 16 milliards de dollars, ce qui est bien en dessous des 22 à 24 milliards de dollars annuels jugés nécessaires pour une action complète et efficace d'ici 2015, année pour laquelle les États Membres de l'OMS se sont engagés à réaliser des objectifs ambitieux, soit « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès lié au sida ».

(Interview : Yves Souteyrand, Coordonnateur de l'information stratégique au département VIH de l'OMS à Genève; propos recueillis par Frédéric Choinière)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
15/12/2017
Loading the player ...