RDC : élections présidentielle et législative teintées de violence

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Vérification des noms par des électeurs devant un bureau de vote le 28 novembre dans le quartier Makelele de la commune de Bandalungwa à Kinshasa (Photo : John Bompengo/Radio Okapi)

Les Congolais de la RDC affluent depuis ce matin aux bureaux de vote pour élire leur Président et leur député au cours de ces élections présidentielle et parlementaire. C'est la deuxième fois que les Congolais se rendent aux urnes pour en principe des élections dites libres et démocratiques en présence des observateurs internationaux et locaux.

La première fois, c'était en 2006. Joseph Kabila avait remporté le scrutin présidentiel face à son principal rival d'alors, Jean-Pierre Bemba qui est incarcéré depuis quelques années à la Cour pénale internationale, à la Haye.

Le scrutin présidentiel du 28 novembre est émaillé de beaucoup de violence et de pertes en vies humaines. Ces incidents se passent au cours des assauts de la police pour disperser les foules des partisans des opposants, et surtout les partisans d'Etienne Tshisekedi, l'un des principaux opposants de Joseph Kabila.

Près de 32 millions de Congolais se rendent le 28 novembre aux urnes pour élire le Président de la République et les 500 députés de l'Assemblée nationale. Les bureaux de vote ont ouvert les portes depuis 6 heures locales à Kinshasa, la capitale, ainsi que dans les provinces du pays. Depuis quelques jours avant ce scrutin, on a déploré quelques morts et des blessés à Kinshasa, Lubumbashi et dans les provinces du Kasaï.

Dans plusieurs bureaux de vote à Kinshasa et dans les provinces, des électeurs signalent des cas d'omissions de noms sur les listes électorales. Les kits électoraux n'étaient pas encore déployés le matin dans certains centres de vote. A Kananga, le chef-lieu du Kasaï-Occidental, des électeurs n'ont pas retrouvé leurs noms sur les listes électorales. Ils ont réagi violemment face à cette situation.

A Lubumbashi, capitale de la province du Katanga, des coups de feu ont été entendus dans certains coins de la ville. Un bureau de vote a été attaqué et incendié par des hommes armés. Ils auraient emporté les urnes. On signale aussi des tirs dans certains quartiers de la ville. Dans certains bureaux de vote au Kasaï-Oriental, les bulletins des candidats à la présidentielle n'étaient pas disponibles jusqu'à 11 heures. Et certains bureaux de vote n'étaient pas encore ouverts.

En 2006, le pays sortait d'une longue transition au cours de laquelle Joseph Kabila avait dirigé le pays flanqué de 4 vice-présidents parmi lesquels 2 leaders des rebellions menées à l'Est et au Nord de la RDC. Il s'agit de Jean-Pierre Bemba du MLC soutenu par l'Ouganda et d'Azarias Ruberwa du RCD soutenu par le Rwanda. Les Congolais avaient voté massivement pour Joseph Kabila en 2006 pour, selon les analystes, se débarrasser de l'emprise du Rwanda et de l'Ouganda non seulement sur les ressources minières de la RDC mais aussi et surtout se débarrasser de l'influence de ces deux pays voisins de la RDC dans la gestion des affaires de l'Etat congolais.

Actuellement Joseph Kabila a comme leitmotiv « Les 5 chantiers », un projet ambitieux de construction et de réhabilitation des infrastructures du pays grâce à des contrats, plus précisément, des trocs miniers, conclus avec la Chine. Les opposants de Kabila dénoncent l'opacité, le manque de transparence de ces accords avec la Chine. Autre pomme de discorde entre l'actuel Président et ses rivaux, c'est l'invitation et l'entrée des troupes rwandaises à l'Est de la RDC pour officiellement, mater les rebelles rwandais des FDLR, les Forces démocratiques de libération du Rwanda, qui sèment la désolation à l'Est du pays. Cette décision du Gouvernement avait été prise sans l'aval du Parlement. D'où la contrainte à la démission de Vital Kamerhe, ancien président du parlement et ancien bras droit de Joseph Kabila.

Aujourd'hui, Vital Kamerhe populaire à l'Est du pays, est aussi candidat à la présidentielle congolaise. En 2006, Etienne Tshisekedi, le Président du parti UDPS, n'avait pas participé à la course au pouvoir. Ancien opposant des régimes Mobutu et de Kabila père, il est aujourd'hui le principal rival de Joseph Kabila. Autre constat, l'élection présidentielle de ce 28 novembre se passe en un seul tour. 11 candidats sont en lice. Le Président sortant se trouve en face de nombreux candidats qui n'ont pas pu s'unir pour faire un front commun contre lui.

(Extrait sonore : Jean-Pierre Amisi Ramazani ; propos recueillis par Maha Fayek)

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18/10/2017
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