Nouveaux défis : le cas des déplacés du climat évoqué par Antonio Guterres au Conseil de sécurité

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Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (UN Photo/Jean-Marc Ferré)

Sous la présidence du Portugal représenté par son Ministre des affaires étrangères, Paulo Portas, le Conseil de sécurité a débattu ce mercredi 23 novembre des nouveaux défis à la paix et à la sécurité internationales ainsi que de la prévention des conflits.

Le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré qu'aucun pays ne saurait à lui seul faire face à ces défis et le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, a illustré cette assertion par le changement climatique qui force actuellement le déplacement des populations. Il s'est dit inquiet au cours du débat au Conseil de sécurité concernant la menace croissante sur la paix et la sécurité internationales posée par le changement climatique et ses interactions avec d'autres facteurs, de déplacement massif de population. António Guterres a indiqué que le changement climatique alimentait à la fois l'ampleur et la complexité du déplacement à travers le monde. Il a également exhorté à ne pas considérer isolément le changement climatique par rapport à d'autres grandes tendances mondiales comme la croissance démographique, l'urbanisation ainsi que l’insécurité croissante en termes d'approvisionnement alimentaire, en énergie et en eau.

« Il est inutile de poser la question simpliste sur le nombre de personnes qui seront déplacées par le changement climatique », a-t-il expliqué. « Nous devrions plutôt répondre à un problème plus complexe sur la façon dont le réchauffement de la planète, la montée du niveau des océans, les changements météorologiques et d'autres manifestations du changement climatique interagissent, voire renforcent, d'autres déséquilibres mondiaux. Ces facteurs deviennent alors de puissants générateurs d'instabilité, de conflit et de déplacement de population.»

Le Chef du HCR a cité le déclin de l'agriculture dans les pays développés et la compétition pour les ressources rares comme l'eau et les terres cultivables comme des causes potentielles à la fois de conflit et de déplacement de population. Il a également évoqué les risques pour la citoyenneté encourus par des personnes forcées d'abandonner leurs petits Etats insulaires du fait de la montée du niveau des océans, et le lien devenant de plus en plus concret entre le changement climatique et les inondations ou d'autres catastrophes naturelles – qui auraient déplacé plus de 40 millions de personnes en 2010.

« Le processus du changement climatique et son rôle dans le renforcement d'autres déséquilibres à travers le monde constituent une menace importante pour la paix et la sécurité », a-t-il expliqué. Dans un monde qui se rétrécit et qui, pour la première fois, est confronté à des limites concrètes pour la croissance économique, cette menace ne peut que grandir. Il a appelé les membres du Conseil de sécurité à adopter des mesures immédiates pour limiter l'ampleur des conséquences du changement climatique générant le conflit et le déplacement. Il a souligné l'importance pour la communauté internationale de mettre en œuvre un programme de soutien pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter et à faire face à ce défi. Et il a exhorté la communauté internationale à formuler et à adopter des principes fondamentaux pour aider les personnes forcées à quitter leur pays du fait de catastrophes environnementales et qui pourraient ne pas remplir les conditions requises pour être reconnues en tant que réfugiées selon la législation internationale.

« Assurer ce soutien est un impératif humanitaire. Il y va également de notre intérêt commun », a indiqué António Guterres. « Si le changement climatique n'est pas encadré, et si nous échouons dans la recherche de solutions durables pour les populations déplacées, nous créerons les conditions pour de nouvelles atteintes à la paix et à la sécurité internationales » a-t-il conclu.

(Extrait sonore : António Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés)

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17/10/2017
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