Mercenaires : pour un cadre juridique contraignant

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Les mercenaires sont de plus en plus présents dans les conflits armés, en recourant à des modalités à la fois nouvelles et innovantes, selon un rapport récent du Groupe de travail des Nations Unies sur l'utilisation des mercenaires.

Le document indique qu'aujourd'hui les mercenaires sont souvent des sociétés de sécurité et militaires privées qui sont utilisés dans des conflits armés, pour contrer les soulèvements sociaux ou encore dans les Missions de maintien de la paix onusiennes.

Selon le Groupe, le recours aux mercenaires pose non seulement un problème de sécurité mais aussi d'atteinte aux droits de l'homme et au droit à l'autodétermination, comme on a pu le voir récemment en Côte d'Ivoire et en Libye, ou ils ont été utilises pour tenter de maintenir un président sortant au pouvoir et pour affronter les manifestations sociales.

L'activité de ce secteur est importante économiquement. Ainsi en 2011, à eux seuls, les contrats en Iraq et en Afghanistan dépasseront 206 milliards de dollars.

Face au développement des activités des sociétés privées de service de sécurité et militaires et à leur impact potentiel sur les droits de l'homme, le panel prône l'adoption d'une règlementation adéquate et de mécanismes de responsabilisation, car, souvent ces compagnies militaires et de sécurité privées échappent aux cadre juridiques existants.

Le Groupe de travail des Nations Unies sur l'utilisation des mercenaires se félicite des initiatives nationales d'autorégulation prises en ce sens, soulignant néanmoins qu'aucune ne permet une pleine responsabilisation vis-à-vis des violations des droits de l'homme.

Interview : Patricia Arias, juriste et criminologue, membre du Groupe de travail sur l'utilisation des mercenaires; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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12/12/2017
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