Interdiction des armes à sous-munitions : Les progrès sont considérables

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Photo : UNAR

Le traité international interdisant les armes à sous-munitions a un puissant impact un an à peine après son entrée en vigueur, selon l'Observatoire 2011 sur les armes à sous-munitions.

Selon un rapport présenté à Genève. les gouvernements ayant adhéré à la Convention sur les armes à sous-munitions implémentent ses dispositions avec vigueur et enthousiasme.

Entre la destruction des stocks, la dépollution et l'adoption de nouvelles lois, les nations font des efforts impressionnants pour mettre en œuvre cette convention.

L'Observatoire des armes à sous-munitions 2011 détaille les progrès réalisés sur le plan de l'implémentation de la Convention sur les armes à sous-munitions, le traité légalement contraignant auquel 111 Etats ont désormais adhéré et par lequel ils acceptent d'interdire cette arme tuant sans discrimination. Parmi les Etats ayant utilisé, produit, exporté ou stocké des armes à sous-munitions, 38 ont à présent adhéré à la Convention sur les armes à sous-munitions, s'engageant ainsi à ne plus jamais se livrer à de telles activités.

Onze Etats parties ont achevé la destruction de leurs stocks d'armes à sous-munitions (Afghanistan, Autriche, Belgique, République tchèque, Equateur, Moldavie, Monténégro, Norvège, Portugal, Slovénie et Espagne) et les treize autres Etats parties possédant des stocks se sont engagés à les détruire dans le délai de huit ans fixé par la Convention.

Ensemble, les Etats parties ont détruit près de 600.000 armes à sous-munitions contenant plus de 64,5 millions de sous-munitions.

Deux des principaux détenteurs de stocks au monde, l'Allemagne (67 millions de sous-munitions) et le Royaume-Uni (39 millions de sous-munitions) ont déjà détruit la moitié de leurs stocks respectifs.

Cinq pays ayant signé mais pas encore ratifié le traité ont déjà achevé la destruction de leurs stocks (Angola, Colombie, Honduras, Hongrie et Irak).

Depuis l'entrée en vigueur du traité le 1er août 2010, 28 autres pays ont rejoint le groupe des Etats parties, y compris l'Afghanistan, la Bosnie-Herzégovine et le Liban, qui sont tous contaminés par des restes d'armes à sous-munitions. De ces 28 pays, 25 sont des signataires ayant ratifié la Convention et trois (la Grenade, le Swaziland et Trinité et Tobago) y ont accédé, l'accession étant un processus en une étape équivalent à la signature et à la ratification du traité.

En 2011, deux Etats non parties à la Convention sur les armes à sous-munitions ont utilisé des armes à sous-munitions: la Lybie (à Misrata en avril) et la Thaïlande (au Cambodge en février). Les armes à sous-munitions ont été utilisées par au moins 19 gouvernements lors de conflits armés dans 36 pays et quatre zones de conflit depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

L'Observatoire des armes à sous-munitions 2011 est présenté dans le cadre de la rencontre intergouvernementale organisée à Genève en vue de la quatrième conférence d'examen de la Convention sur certaines armes classiques (CCW), durant laquelle certains Etats veulent négocier un nouveau protocole CCW sur les armes à sous-munitions. La Coalition sur les armes à sous-munitions considère que le projet de texte est faible et comporte de nombreuses exceptions et avertit qu'il pourrait entraîner une augmentation de l'usage et de la production des armes à sous-munitions dans les pays qui n'ont pas adhéré à la convention d'interdiction.

(Interview : Sylvie Brigot, Directrice générale de la Campagne internationale pour interdire les mines ; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous Dossiers, Maintien de la paix.
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23/10/2017
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