HCR : le mauvais temps et le conflit aggravent la situation des civils en Somalie

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Une Somalienne déplacée et ses enfants ont dû quitter leur foyer dans le sud du pays (Photo : HCR/B. Bannon)

La poursuite du conflit et le mauvais temps en Somalie aggravent encore la situation humanitaire déjà désastreuse, a indiqué vendredi le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Notre personnel se trouvant dans la ville frontalière de Dobley au sud-ouest du pays nous indique que le nombre de réfugiés traversant vers le Kenya est en baisse. Les pluies ont rendu les routes impraticables et la crainte d’être pris dans le conflit sont les deux principales raisons citées », a expliqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d’un point de presse à Genève.

La ville de Dobley est située à 18 kilomètres de la frontière et les arrivées continuent. Les arrivants expliquent qu’ils ont fui car une rumeur annonçait des affrontements militaires imminents dans la zone. Il y a également des menaces de retour forcé par les milices Al Shabaab vers leurs villages d’origine.

Le week-end dernier, six camions transportant près de 180 personnes déplacées depuis le district d’Afgooye, qui venaient pour la plupart du camp de déplacés K50, sont arrivés à Dobley après avoir voyagé 27 jours par des routes inondées. Les arrivants ont indiqué avoir reçu l’ordre d’Al Shabaab de retourner chez eux dans leurs fermes mais ils ont décidé de se rendre à Dobley en quête d’une aide humanitaire.

A Mogadiscio, le HCR, conjointement avec d’autres agences partenaires, finalise une évaluation de la situation des déplacés dans la capitale somalienne. L’évaluation a pour objectif de cartographier la présence d’installations de déplacés et d’obtenir des données de base relatives à la démographie et à la taille des ménages. Une étude de 7.000 ménages a été menée par plus de 500 agents de recensement. Les résultats préliminaires révèlent qu’il y a près de 300 installations de déplacés de tailles diverses.

« La taille de la population déplacée à Mogadiscio sera présentée aux responsables du Gouvernement fédéral de transition à Mogadiscio la semaine prochaine avant d’être communiquée à la communauté humanitaire », a indiqué le porte-parole du HCR.

Parallèlement, à Nairobi, un rapport du HCR publié jeudi passe en revue les dommages causés aux civils par le conflit militaire et les moyens d’y répondre.

Ce rapport, qui a été préparé par l’organisation non gouvernementale internationale CIVIC, recommande l’établissement d’un mécanisme pour suivre, analyser, enquêter et répondre à tous les dommages causés aux civils. Il appelle également toutes les parties au conflit en Somalie à cesser immédiatement les attaques visant les civils et les agences humanitaires.

Alors qu’il n’y a actuellement aucune obligation juridique pour les parties au conflit de fournir des réparations aux civils affectés par des opérations militaires, le HCR souligne « l’impératif moral de l’indemnisation des civils dans le cadre d’activités militaires portant atteinte à la vie, à l’intégrité physique, à la liberté des personnes ainsi qu’aux biens. »

« Nous exhortons également les donateurs à fournir le soutien financier nécessaire pour la mise en œuvre des recommandations listées dans ce rapport et qu’une politique efficace sur l’indemnisation puisse être élaborée par l’AMISOM (Mission de l’Union africaine en Somalie) », a dit Adrian Edwards.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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16/10/2017
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