Guinée-Bissau : le Conseil de sécurité examine la situation dans ce pays

Écouter /

Le Conseil de sécurité

Le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau existe depuis 2009. Son mandat a été renouvelé en 2010. Le Conseil de sécurité a examiné jeudi 3 novembre le rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la situation dans ce pays, présenté par Joseph Mutaboba, le Représentant Spécial de Ban Ki-moon en Guinée-Bissau.

Selon le Rapport du Secrétaire général, les cinq mois écoulés ont été troubles en Guinée-Bissau, avec en toile de fond plusieurs manifestations contre les dirigeants du pays, en particulier contre le Premier Ministre Carlos Gomes Júnior. Elles ont été organisées par un « collectif des partis d'opposition » conduit par le chef par intérim du PRS, le Parti du renouveau social et deuxième Vice-Président de l'Assemblée nationale, Ibrahima Sory Djaló : motif évoqué, la décision prise en mai 2011 par le Procureur général de clore l'enquête sur une tentative de coup d'État dans laquelle auraient été impliqués Baciro Dabó, ancien Ministre de l'administration territoriale, et Helder Proença, ancien Ministre de la défense, qui ont tous deux été tués en juin 2009.

Ayant conclu que les allégations concernant leur implication dans la tentative de coup d'État n'étaient pas infondées, le Procureur général avait renvoyé le dossier des assassinats de juin 2009 devant le tribunal militaire. Face à la décision du Procureur général, les manifestants ont appelé au limogeage du Premier Ministre, reprochant au Président Malam Bacai Sanha de n'avoir pas tenu compte de leur appel. Le dirigeant par intérim du PRS, Djaló, a également prétendu que la réforme du secteur de la sécurité visait une ethnie en particulier et que la conférence nationale en cours n'était pas sincère.

À un rassemblement tenu à Gabú, le 25 août, Djaló a menacé le Président, déclarant que son refus de démettre le Premier Ministre de ses fonctions entraînerait des violences dans la capitale, visant notamment la résidence du Président.

Pour toutes ces raisons, la conférence nationale qui aura lieu bientôt tombe à point pour offrir au peuple de Guinée-Bissau une occasion historique de tourner la page et de se lancer dans un processus irréversible de rejet des tueries, des destructions et des divisions du passé et de marche vers un avenir meilleur. C'est ce qu'estime d'ailleurs Joseph Mutaboba, le Représentant de Ban Ki-moon sur place qui considère qu'il est temps pour les Bissau-guinéens de se concentrer sur ce qui unit les habitants et la société et non sur ce qui les divise, car ce n'est qu'en s'attelant ensemble à la tâche qu'ils pourront accéder à une paix durable.

(Mise en perspective : Jean Pierre Amisi Ramazani)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
19/10/2017
Loading the player ...