FAO : les prix alimentaires les plus bas depuis onze mois

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Photo : FAO

L'Indice FAO des prix alimentaires atteint 216 points en octobre, chutant à son niveau le plus bas en onze mois, soit 4% ou 9 points de moins qu'en septembre. Les prix sont néanmoins demeurés généralement plus élevés que l'an dernier, et très volatils, a indiqué jeudi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le recul s'explique par les fortes baisses des cours internationaux des céréales, des huiles, du sucre et des produits laitiers. Les prix de la viande ont accusé la plus faible baisse. Toutefois, l'indice de la FAO a montré que les prix du mois dernier restaient supérieurs de quelque 5% à la période correspondante de l'année dernière.

Les perspectives d'amélioration de l'offre pour un certain nombre de denrées et la conjoncture économique mondiale incertaine ont poussé à la baisse les cours internationaux, même si ce recul a été compensé, dans une certaine mesure, par une forte demande des pays émergents qui continuent à bénéficier d'une croissance économique soutenue.

La plupart des prix des produits agricoles pourraient ainsi demeurer inférieurs à leurs niveaux élevés de ces derniers mois dans un futur proche, selon le rapport semestriel de la FAO « Perspectives de l'alimentation », publié également aujourd'hui, qui analyse l'évolution des marchés mondiaux de l'alimentation pour la consommation humaine et animale.

Pour ce qui est des céréales, dont la récolte s'annonce à un niveau record en 2011, les prévisions indiquent le maintien de prix relativement fermes, bien qu'à des niveaux réduits, encore pour une bonne partie de 2012.

Le rapport estime que la production céréalière de 2011 atteindra un record de 2 325 millions de tonnes, soit 3,7% de plus que l'an dernier, correspondant à un accroissement de la production de blé de 6%, de céréales secondaires de 2,6% et de riz de 3,4%. A l'échelle mondiale, la consommation annuelle de céréales destinées à l'alimentation devrait suivre le rythme de la croissance démographique et rester stable à quelque 153 kg par personne.

De graves problèmes provoqués par les inondations ont récemment compromis les perspectives de production rizicole en Thaïlande. Compte tenu des réserves importantes, l'impact sur le marché international a toutefois été limité jusqu'à présent.

Les cours du sucre sont en recul depuis juin compte tenu de l'offre abondante. L'amélioration des disponibilités a également pesé sur les marchés laitiers, tandis que la production soutenue d'huile de palme et la production record de graines de tournesol ont fait reculer les prix dans le secteur des huiles ces derniers mois.

Les prix élevés des aliments mettent la pression sur les pays moins avancés (PMA) qui ont vu leur facture d'importations vivrières monter en flèche de près d'un tiers par rapport à l'an dernier, constate le rapport. Le coût mondial des importations alimentaires nationales devrait avoisiner les 1 300 milliards de dollars cette année.

Les stocks céréaliers mondiaux devraient augmenter de 3,3% par rapport à leurs niveaux d'ouverture réduits, et passer à 507 millions de tonnes d'ici la fin des campagnes agricoles en 2012. A ce niveau, le rapport mondial stocks-utilisation pour 2011/12 devrait s'établir aux alentours de 22%, en légère hausse par rapport à 2010/11.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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15/12/2017
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