Crise humanitaire : ne pas oublier les populations vulnérables au Tchad

Écouter /

Une femme et son enfant au Tchad (Photo PAM Antti Mantymaa)

Les Nations Unies attirent l'attention de la Communauté internationale sur la crise humanitaire oubliée au Tchad. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), l'appel humanitaire lancé par l'ONU pour venir en aide aux populations vulnérables dans ce pays n'a jusqu'à présent été financé qu'à hauteur de 56%. Il manque encore 233 millions de dollars sur un total de 535 millions.

Le mois de septembre a connu un nombre important de cas de choléra, avoisinant plus de 1000 cas par semaine. C'est ainsi que le cap de 15 000 cas a été atteint pour l'année 2011, faisant de cette épidémie la pire que le Tchad ait jamais connue. Un regard rétrospectif permet de constater que le record du nombre de cas était battu en 1971 avec environ 14 000 cas. Grâce aux efforts conjugués des agences des Nations Unies et des ONG œuvrant dans le secteur de la Santé, en appui au gouvernement du Tchad, une baisse de l'incidence de la maladie est constatée à la fin du mois de septembre. Les rencontres mensuelles de haut niveau, présidées par le chef de l'Etat ont également contribué à faire baisser le nombre des cas. Depuis janvier 2011, 15 426 malades ont été enregistrés dont 418 décès. L'épidémie de poliomyélite s'est accentuée au Tchad en 2011 au point de susciter le déplacement du philanthrope américain Bill Gates pour booster la lutte pour l'éradication de la maladie.

Une baisse d'admissions de malnutris sévères et modérés a été enregistrée le mois d'août par rapport à juillet. On suppose que la baisse dépend d'une réduction de la prévalence de la malnutrition, de distributions d'aliments de prévention (Plumpy'Doz, CSB+), de l'accessibilité difficile à cause des pluies et du Ramadan. Des enquêtes nutritionnelles sont en cours dans la bande sahélienne et dans les camps des réfugiés. Les résultats préliminaires qui seront disponibles en début du mois d'octobre, pourraient nous confirmer ces taux de malnutrition. Dans certaines régions telles que le Guéra et le Bahr-el-Gazel, la baisse peut aussi s'expliquer par l'apparition de l'épidémie de choléra qui a occasionné la fermeture de certains centres de santé et la peur des bénéficiaires d'être contaminés.

Les cas de choléra ont connu une flambée inquiétante à travers le pays pendant la dernière semaine d'août et les deux premières semaines de septembre. Les districts sanitaires avaient enregistré plus de 1000 cas par semaine en cette période. Fort heureusement vers la fin du mois, une baisse de cas a été notifiée. Ainsi à la semaine 38 (19-25septembre), 763 cas dont 15 décès ont été répertoriés à travers le pays. La létalité est également en train de baisser. Cette baisse du nombre des cas résulte des efforts fournis par le gouvernement et ses partenaires au rang desquels l'UNICEF, l'OMS et les ONG internationales. Ces efforts vont de la prise en charge des cas au soutien logistique (fourniture des produits pharmaceutiques, installation des centres de traitement du choléra) en passant par la sensibilisation. Au 28 septembre le nombre total des cas s'élèvent à 15 426 dont 418 décès.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole de l'OCHA)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
14/12/2017
Loading the player ...