Bosnie-Herzégovine : le Conseil de sécurité exhorte les dirigeants à faire preuve de maturité politique

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Une carte de la Bosnie-Herzégovine qui indique la République Srpska et les zones croates

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation en Bosnie-Herzégovine. Les quinze ont entendu Valentin Inzko, le Haut Représentant en Bosnie-Herzégovine. Ce dernier a évoqué les nombreuses incertitudes qui dominent la vie politique et institutionnelle, notamment les problèmes de mise en œuvre des Accords de paix de Dayton et l'absence de gouvernement un an après les élections. De même le budget 2011 n'a toujours pas été voté. Il a aussi regretté le recours fréquent à une rhétorique nationaliste par les autorités de la République Srpska et des parties croates.

Autant de points qui ont justifié l'appel à la raison lancé par Martin Briens. Le Représentant permanent adjoint de la France a fait valoir que l'absence de gouvernement commence à avoir un impact négatif important sur l'économie et diffère les réformes qui permettraient de progresser dans la voie européenne. Il a invité tous les dirigeants bosniens à trouver rapidement les compromis nécessaires à la constitution d'un gouvernement central et à la reprise du processus de réformes, à commencer par la mise en conformité de la constitution avec la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme. Selon lui, ne pas le faire serait se condamner à tourner le dos à toute perspective européenne alors que, les uns après les autres, tous les Etats de la région saisissent cette opportunité et se préparent, chacun à son rythme, à rejoindre un jour de plein droit la famille européenne.

La France reste à ce titre très préoccupée et met en garde les dirigeants bosniens contre toute initiative qui contreviendrait aux accords de paix de Dayton-Paris, et qui constituerait une menace pour la stabilité et l'intégrité du pays, a poursuivi le diplomate. Il a souligné que son pays, d'une manière plus générale, appelle de nouveau les dirigeants de Bosnie-Herzégovine à revenir au dialogue, à surmonter leurs divisions et à inscrire leur action dans une logique de consolidation d'un Etat fonctionnel et respectueux des principes démocratiques. Il leur en revient la responsabilité en tout premier lieu, ils ont reçu le vote des électeurs bosniens pour cela.

Auparavant, Martin Briens avait rappelé que la communauté internationale s'apprête à renouveler pour un an l'autorisation d'action d'EUFOR ALTHEA dans un contexte politique lourd d'incertitudes pour la Bosnie-Herzégovine. Le diplomate français s'est félicité que la situation sécuritaire soit calme et stable depuis plusieurs années. Le mérite en revient aux Bosniens eux-mêmes et leurs institutions. D'après lui, les arrestations de Ratko Mladić le 26 mai dernier et de Goran Hadzic le 20 juillet suivant, et leur transfert immédiat à La Haye pour y être jugés constituent un développement positif qui clôt une étape, toutes les personnes poursuivies par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie ayant désormais été arrêtées.

Après avoir rendu hommage aux efforts du Haut Représentant, garant des Accords de Paix au nom de la Communauté internationale, à son action, au dialogue qu'il a instauré avec les représentants politiques bosniens, Martin Briens a insisté sur l'engagement renforcé de l'Union européenne aux côtés de la Bosnie-Herzégovine.

(Extrait sonore : Martin Briens, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies)

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19/10/2017
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