Syrie : véto russe et chinois au Conseil de sécurité

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Bashar Ja'afari, Représentant permanent de la Syrie, lors de la séance du Conseil de sécurité (UN-Photo Paulo Filgueiras)

La Chine et la Syrie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont opposé mardi soir leur veto à un projet de résolution des pays occidentaux condamnant le régime syrien pour la répression sanglante des manifestations. Il s’agit du premier veto russo-chinois depuis celui qui avait bloqué des sanctions de l’ONU contre le président du Zimbabwe Robert Mugabe en juillet 2008. C'est à l’issue de longues semaines de tractations, que la résolution, pourtant édulcorée, contre le régime de Bachar Al-Assad s’est heurtée au veto russe et chinois. Les Occidentaux ne mâchent pas leurs mots contre Moscou et Pékin.

Pour éviter le blocage, le contenu de la résolution initiale présentée par les Occidentaux, France, Etats-Unis Royaume Uni, Allemagne et Portugal a été sérieusement édulcoré. Le terme “sanctions” avait ainsi été soigneusement évité, pour être remplacé par “mesures ciblées”. C’était donc encore trop fort pour la Chine et surtout la Russie. Moscou souhaitait simplement mettre l’accent sur la nécessité du dialogue politique en Syrie et que la pression soit mise aussi bien sur l’opposition que sur le pouvoir en place. Résultat : La Russie et la Chine ont tout fait capoter en apposant leur veto de membre permanent. Les pays émergents -Afrique du Sud, Brésil, Inde- et le Liban, voisin de la Syrie, se sont pour leur part abstenus. Un triste jour pour Washington qui s’est manifesté dans la colère de Susan Rice, Ambassadrice des États-Unis à l'ONU.

Les langues diplomatiques occidentales se sont aussi déliées. Si les États-Unis se sont dit “furieux”, l’Allemagne a jugé “l’échec très regrettable”, la France, a évoqué un véto politique qui visait à bloquer au Conseil toute résolution contre la Syrie, la Chine a estimé que la résolution “n’aurait pas amélioré la situation dans ce pays”, tandis que la Russie a jugé par la Voix de son Représentant Vitaly Churkin la menace de sanctions “inacceptable”

La Syrie, par la voix de son Ambassadeur Bashar Jaafari a fustigé les États–Unis, maîtres artisans des vétos à l'ONU, pour avoir opposé leur véto, tout juste une cinquantaine de fois depuis 1948 à des résolutions en faveur des palestiniens. La Syrie qui a rappelé « le registre noir » de ceux qui voulaient réprimander la Syrie, en listant des faits historiques ayant porté préjudice aux américains, aux occidentaux et à la France ; en les renvoyant à une époque sombre de leur histoire récente dont les pages s'inscrivent sous les chapitres suivants : Vietnam, Laos, Cambodge, Algérie, Iraq et Afghanistan.

Mise en perspective de Jean-Pierre Amisi Ramazani

Extraits sonores :

Susan Rice, représentante permanente des Etats-Unis aux Nations Unies

Vitaly Churkin, représentant permanent de la Russie aux Nations Unies

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20/10/2017
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