Syrie : Navi Pillay met en garde contre une guerre civile

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Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme

La répression en Syrie ne faiblit pas, sept mois après le début de la contestation. Le nombre de victimes de la répression a déjà franchi la barre des 3000. Et la Chef des droits de l'homme de l'ONU a dénoncé le 14 octobre la mort de plus de cent personnes supplémentaires ces dix derniers jours. Navi Pillay réclame une initiative internationale pour éviter que la Syrie ne sombre totalement dans la guerre civile.

« En outre, des milliers ont été arrêtées, détenues, victimes de disparition forcée et torturées », a déclaré la Haut commissaire aux droits de l’Homme Navi Pillay, citée dans un communiqué publié ce vendredi à Genève. « Les membres de famille d’opposants et de manifestants vivant à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont été la cible de harcèlement, d’intimidation, de menaces et de coups », a-t-elle déploré. Le Haut-commissariat estime que les sanctions prises par la communauté internationale à l’égard de Damas n’ont pas modifié l’attitude des autorités syriennes jusqu’à présent. C’est pour cette raison que Navi Pillay appelle les Etats à prendre des mesures urgentes pour protéger les Syriens en révolte contre le régime de Bachar al-Assad. « Il incombe à tous les membres de la communauté internationale de prendre des mesures de protection de manière collective et décisive, avant que la répression continue impitoyablement et les assassinats conduisent le pays vers une véritable guerre civile », avertit Navi Pillay.

La Chef des droits de l'homme de l'ONU rappelle à cet égard que « comme toujours plus de membres de l’armée refusent d’attaquer des civils » et se rangent désormais du côté des opposants, « la crise montre déjà des signes inquiétants indiquant que la situation sombre dans une lutte armée ». Dans ces conditions, Navi Pillay est d'avis que « la communauté internationale doit parler d’une seule voix et agir pour protéger le peuple syrien », non sans rappeler que le régime syrien avait failli à sa mission de protection de la population.

« Depuis le début du soulèvement en Syrie, le gouvernement a toujours utilisé une force excessive pour écraser les protestations pacifiques », a insisté Navi Pillay, citant la présence de « snipers sur les toits, l’utilisation aveugle de la force contre des manifestants pacifiques — y compris l’utilisation de munitions réelles et les bombardements de quartiers résidentiels devenus la routine dans de nombreuses villes syriennes ».

La Chef des droits de l'homme de l'ONU a rappelé par ailleurs qu’elle avait dénoncé en août déjà « des allégations crédibles de crimes contre l’humanité en Syrie » et demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de soumettre le cas de la Syrie à la Cour pénale internationale (CPI). Navi Pillay a aussi critiqué le fait que Damas a refusé de coopérer avec les missions d’enquête du Conseil des droits de l’homme.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme)

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20/10/2017
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