Syrie : le Comité des droits de l'enfant préoccupé par la mort d'une centaine d'enfants

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Des Syriens manifestent à Damas le 24 avril 2011

Le Comité des droits de l'enfant a terminé, ce vendredi 7 octobre à Genève, les travaux de sa cinquante-huitième session, qui s'était ouverte le 19 septembre. Il a rendu ses observations finales concernant le rapport présenté par la Syrie.

Le Comité exprime cependant sa vive préoccupation au sujet d'informations dignes de foi et concordantes selon lesquelles plus d'une centaine d'enfants ont été tués, et nombre d'autres blessés, dans le cadre des manifestations qui ont débuté en mars 2011 et selon lesquelles l'État, par l'intermédiaire de ses forces armées, est directement et exclusivement responsable de ces décès. En date du 22 septembre, le Comité a dénombré 187 enfants tués lors des manifestations.

Le Comité est également profondément préoccupé par les nombreux cas signalés d'enfants morts en détention à la suite d'actes de torture. Le Comité prend note de la création d'une commission judiciaire spécialisée, dirigée par le Procureur général, chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme commises depuis le début des manifestations.

Toutefois, le Comité s'inquiète de ce que cette commission ne soit pas dotée de l'indépendance indispensable pour mener à bien son mandat en toute objectivité, impartialité et transparence, et de ce que les résultats de ses enquêtes n'aient pas encore été rendus public. Il note avec préoccupation que l'immunité accordée aux organismes de sécurité et de renseignement responsables de violations des droits de l'homme commises pendant le service risque d'empêcher la réalisation d'enquêtes indépendantes et de motiver la poursuite des mises en détention et des tortures d'enfants.

Le Comité appelle la République arabe syrienne à donner des instructions claires aux forces armées et de sécurité, pour empêcher de faire des morts et des blessés parmi les enfants. Le Comité appelle à libérer immédiatement et sans conditions tous les enfants arbitrairement arrêtés et détenus depuis mars 2011 dans le cadre des manifestations; à cesser d'utiliser les écoles comme centres de détention; et à veiller au strict respect du droit humanitaire. Le Comité appelle également les autorités à fournir des soins et un soutien psychosocial aux enfants victimes de la torture, de même qu'à veiller à leur réinsertion et à leur droit à réparation.

Le Comité est d'avis que les événements exceptionnels qui se déroulent depuis mars 2011 et qui affectent le peuple syrien, en particulier les enfants, constituent des obstacles majeurs à la mise en œuvre de tous les droits garantis par la Convention. Le Comité rappelle aux autorités de la République arabe syrienne que ces droits s'appliquent à tous les enfants et en tout temps. Le Comité rappelle également qu'il incombe au premier chef aux autorités de prendre immédiatement des mesures pour faire cesser le recours à une force excessive et pouvant entraîner la mort contre des civils, et empêcher de nouvelles violences contre les enfants.

(Extrait sonore : Jean Zermatten, Président du Comité des droits de l'enfant de l'ONU)

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15/12/2017
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