Réduction des risques de catastrophes : le rôle crucial des enfants

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Le personnel d'Action d'urgence internationale en pleine opération de secours suite à un séisme en Italie en 2009 (Photo AUI)

A l’occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé jeudi la communauté internationale à investir dans l’implication des enfants et des jeunes dans tous les projets de prévention des catastrophes afin de construire un monde plus résilient aux inondations, cyclones ou tremblements de terre.

« Chaque fois qu’une catastrophe survient, c’est la nature qu’on accuse. On oublie trop souvent que, par ses activités mêmes, l’homme accroît les risques et transforme un danger virtuel en catastrophe réelle », a déclaré le Secrétaire général dans un message.

« Notre vulnérabilité aux catastrophes s’accroît plus vite que notre capacité de résistance. Nous avons vu se succéder dans l’année inondations, tremblements de terre, lames de fond et sécheresses », a-t-il ajouté insistant sur l’idée qu’il est « payant d’investir dans les systèmes d’alerte rapide ».

Le Chef de l’ONU a souligné les dangers et l’urgence que représentent les multiples périls de la technologie et la sûreté nucléaire.

« Le poids que les catastrophes technologiques font peser sur les économies ne cesse de s’alourdir. Mais c’est aller à contre-courant que de vouloir convaincre d’investir dans la réduction des risques, alors qu’il serait si avantageux de dépenser intelligemment au lieu de dépenser beaucoup », a expliqué Ban Ki-moon.

Cette année, la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe fait une place au rôle décisif que les enfants et jeunes gens ont à jouer.

Par exemple, au Népal on enseigne aux écoliers les premiers principes de la sécurité à la maison et dans les bâtiments. À Cuba, les enfants concourent à la réduction des risques et à l’adaptation aux changements climatiques. Plus de 600 jeunes garçons et filles d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine ont rédigé la Charte des enfants pour la réduction des risques de catastrophe.

« La leçon est facile à tirer : nous devons tous, tous les jours, nous préoccuper de l’éventualité d’une catastrophe. Investissons aujourd’hui pour que demain soit plus sûr », a-t-il conclu.

La chef de l’organe de l’ONU chargé de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (ONUSIPC), Margareta Wahlström, a pour sa part précisé jeudi dans un communiqué qu’environ 100 millions d’enfants et de jeunes sont affectés chaque année par des catastrophes et des milliers d’autres sont tués ou blessés.

Selon le rapport 2011 de l’ONUSIPC, la part de la population qui vit dans des zones à risque d’inondations a augmenté de 114% ces 30 dernières années et ceux qui vivent dans des zones exposées aux cyclones de 192%. Plus de la moitié des grandes villes, avec une population allant de deux à 15 millions de personnes sont situées dans des zones sismiques.

« A la lumière de ces chiffres, l’une des mesures les plus simples de réduction des risques est d’autonomiser les jeunes gens et de garantir qu’ils soient activement impliqués dans la réduction des risques de catastrophe », a insisté Margareta Wahlström.

En France, des bénévoles, tels que Christian Herbette, Président de l'Action d'urgence internationale (AUI) contribuent aux efforts de sensibilisation des enfants. Dans la région Languedoc-Roussillon, il va d'école en école pour porter la bonne parole en ce qui concerne les risques d'inondation. Certains autres membres du réseau AUI, installés dans la région niçoise mènent une action similaire en matière de prévention des risques sismiques. De plus, l'AUI qui a été créée en 1977 à la suite de plusieurs catastrophes naturelles survenues dans le monde, comme le cyclone qui a frappé en 1970 l'actuel Bangladesh, effectue des opérations internationales de secours en collaboration notamment avec un partenaire colombien. Elle a ainsi été amenée à intervenir en Haïti, à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Au final l'AUI, agit dans les domaines de la prévention, de l'intervention et de la reconstruction.

(Interview : Christian Herbette, Président de l'Action d'urgence internationale, Montpellier, France; propos recueillis par Jérôme Longué)

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15/12/2017
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