Piraterie dans le golfe de Guinée : Ban Ki-moon appelle à une action concertée

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Le Conseil de sécurité réunit lors de sa 6633e séance, sur la piraterie dans le golfe de Guinée (UN Photo/Rick Bajornas)

Le Conseil de sécurité s'est penché aujourd'hui sur la question de la piraterie dans le golfe de Guinée, au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest. Bien que la situation n'ait pas encore l'ampleur de celle qui prévaut au large de la Somalie, les attaques perpétrées par des pirates dans le golfe de Guinée connaissent une hausse préoccupante et représentent une perte annuelle de 2 milliards de dollars pour les secteurs de la production pétrolière, de la pêche et des transports maritimes dans la région.

S'adressant au Conseil, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a souligné le travail des États et des organisations régionales pour tenter de mettre fin à ce fléau. Le Bénin et le Nigéria ont affrété des patrouilles conjointes au large de leurs côtes, tandis que le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale et Sao Tomé-et-Principe ont lancé une stratégie conjointe pour sécuriser les intérêts des membres de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC).

Le Secrétaire général s'est également dit encouragé par les initiatives prises au niveau régional. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) prévoit un sommet pour les États du golfe de Guinée, tandis que la CEEAC compte tenir une conférence internationale.

Ban Ki-moon a toutefois insisté pour que ces deux organisations régionales travaillent de pair pour développer une stratégie intégrée, en coopération avec la Commission du golfe de Guinée et l'Organisation maritime de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

« La piraterie ne connaît pas de frontières nationales et va au-delà des intérêts économiques », a dit le Secrétaire général. « L'expérience de la Somalie nous a appris que nous devons aborder ce problème de manière globale, en misant simultanément sur la sécurité, l'état de droit et le développement. Toute intervention qui ne réponde pas à ces critères ne fera qu'exacerber le problème », a-t-il poursuivi.

Enfin, faisant suite à la demande du Président Boni Yayi du Bénin, Ban Ki-moon a annoncé l'envoi d'une mission d'évaluation dans la région du golfe de Guinée en novembre. Cette mission aura pour but d'examiner l'étendue de la menace que représente la piraterie, ainsi que la capacité des États de l'Afrique de l'Ouest à assurer la sécurité maritime. Réunissant des représentants du Département des affaires politiques et du Département des opérations de maintien de la paix, des bureaux de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale, de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et de l'Organisation maritime internationale, la mission fera ensuite des recommandations au Conseil de sécurité en matière de lutte contre la piraterie, notamment dans le contexte du crime organisé et du trafic de drogues.

(Extrait sonore : Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU)

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17/10/2017
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