Liban : l'ONU pour la protection des travailleurs domestiques

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La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage, Gulnara Shahinian, a exhorté lundi 17 octobre les autorités libanaises à introduire une législation pour protéger près de 200.000 travailleurs domestiques menacés de servitude. Ces travailleurs sont soumis à un contrôle et une dépendance absolue vis-à-vis de leurs employeurs. Cette situation ouvre la voie à une exploitation physique et psychologique et à des abus sexuels.

« Des travailleurs domestiques immigrés au Liban, dont la majorité sont des femmes, n’ont pas de statut légal ce qui les rend très vulnérables à la servitude domestique. Le travailleur domestique migrant est tenu de vivre au domicile de son employeur. Il est exposé à des discriminations de nature raciste ou sexiste et est privé de protection légale de ses droits, » a déclaré Gulnara Shahinian au terme de sa première visite au Liban. La Rapporteuse spéciale a instamment demandé aux autorités libanaises de garantir que les travailleurs domestiques obtiennent une protection légale, qu’un accès à la justice leurs soit accordé immédiatement et que les employeurs soient mis au courant de leurs obligations lors du recrutement des travailleurs domestiques.

Gulnara Shahinian a noté que le gouvernement a pris des mesures positives telles que l’établissement d’une ligne téléphonique pour des travailleurs domestiques en détresse. Un comité de pilotage national a été établi pour s’occuper de la situation des travailleurs domestiques. Ce comité a réussi à développer un contrat de travail standardisé et unique et il a formulé une proposition de loi qui régule le travail domestique des immigrés. « Cette loi est à l’étude depuis trois ans et il est désormais temps que le gouvernement en fasse une priorité. La loi doit prendre en compte les obligations de l’employeur et de l’employé. Elle doit également garantir de façon explicite que les travailleurs domestiques puissent garder leurs passeports, bénéficier de la liberté de mouvement, avoir un jour de repos hebdomadaire, un logis et un salaire décents, » a souligné la Rapporteuse spéciale de l'ONU.

(Mise en perspective : Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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15/12/2017
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