Décès de Kadhafi: Navi Pillay demande une enquête

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L'ancien dirigeant de la Libye à la 64ème session de l'assemblée générale (UN Photo/Ivan Schneider)

Le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a demandé, ce vendredi à Genève, la mise sur pied d'une enquête sur les circonstances entourant la mort de Mouammar Kadhafi. Selon son porte-parole, Rupert Colville, les circonstances de la mort de Kadhafi ne sont toujours pas claires et l'ONU estime qu'une enquête est nécessaire.

« Il devrait y avoir une enquête compte tenu de ce que nous avons vu hier », a souligné Rupert Colville, estimant que les deux vidéos de Kadhafi publiées jeudi étaient très inquiétantes. Il n'a toutefois pas indiqué qui devait se charger de mener l'enquête, rappelant que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU avait mandaté cette année une commission d'experts pour faire la lumière sur les violences en Libye.

Toutefois, le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU note que la mort de Kadhafi met un terme à huit mois d'extrême violence et de souffrances pour le peuple libyen. « Une ère commence en Libye qui devrait répondre aux aspirations du peuple en faveur de la démocratie et des droits de l'homme », a ajouté Rupert Colville. Le Bureau des droits de l'homme de l'ONU note d'ailleurs que Kadhafi est le premier dirigeant arabe à avoir été tué depuis le début du « Printemps arabe », une succession de soulèvements contestant des régimes autoritaires, en Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, au Yémen et à Bahreïn.

Le porte-parole du Haut commissariat a insisté sur l'importance de la « justice transitionnelle » qui doit être mise en place par les nouvelles autorités. « Un aspect clé pour être en mesure de tirer un trait sur l'héritage de 42 années du règne despotique de Kadhafi et sur le conflit sanglant de cette année serait de s'assurer que justice soit faite », fait remarquer Rupert Colville. « Les milliers de victimes ayant subi des pertes de vies humaines, des disparitions, la torture et d'autres graves violations des droits de l'homme depuis le conflit survenu en février 2011 ainsi que celles qui ont souffert des violations des droits de l'homme sous le régime de Kadhafi ont le droit de connaître la vérité ». En conclusion, le haut Commissariat note que ces personnes ont « le droit de voir la culture de l'impunité prendre fin et d'obtenir des réparations », et que les responsables de ces crimes soient jugés.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme)

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19/10/2017
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