Corée du Nord : une population malnutrie de façon chronique

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Une mère et son enfant dans un hôpital soutenu par l’ONU en République populaire démocratique de Corée

De retour d'une visite de cinq jours en République populaire démocratique de Corée, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d'urgence, Valerie Amos, s'est dite alarmée par la situation alimentaire dans le nord de la péninsule coréenne. Six millions de personnes y ont besoin d'une aide alimentaire, avec 33% des enfants âgés de moins de cinq ans souffrant de malnutrition chronique.

Valerie Amos a souligné les efforts déjà accomplis par les agences onusiennes et plusieurs organisations non gouvernementales, mais a toutefois souligné la nécessité de réviser le plan d'action humanitaire dans le pays.

La Secrétaire générale adjointe s'est rendue dans la capitale Pyongyang pour y rencontrer des représentants du gouvernement, des agences de l'ONU sur place, des ONG et des membres du corps diplomatique international. Elle a également visité les provinces de Kangwon et de Hamgyong du sud.

« Les rations alimentaires apportées par le système de distribution public ont chuté de 400 grammes par personne et par jour à 200 grammes en juillet et sont restées à ce niveau depuis, ce qui a aggravé les difficultés des gens ordinaires en RPDC, » a expliqué Valerie Amos lors d'une conférence de presse à Beijing, en Chine, après sa visite en Corée du Nord.

Il manque actuellement 1 million de tonnes de nourriture sur une consommation totale de 5,3 millions de tonnes. De plus, la qualité nutritionnelle des denrées disponibles est faible, les gens survivent grâce à du maïs, du riz et des choux, a-t-elle précisé. La population en RPDC doit faire face à cette crise alimentaire dans un contexte de pauvreté chronique et de sous-développement.

« La lente détérioration des conditions de vie depuis le milieu des années 1990 a augmenté la vulnérabilité de la population. Ceux qui sont le moins capables de s'en sortir sont très exposés aux risques de chocs qui pourraient bouleverser le fragile système de distribution alimentaire public ou le système de santé public sous-financé. Quand le gouvernement n'arrive pas à faire parvenir assez de nourriture, il existe très peu de façons alternatives pour les plus vulnérables de s'alimenter, à part avec l'aide de la très modeste assistance internationale, » a poursuivi Valerie Amos.

La production agricole en RPDC est limitée par la dégradation des sols, le manque d'engrais, une mauvaise qualité de semences et de carburants, une mécanisation quasi-inexistante ou encore des conditions climatiques difficiles. Les récoltes par hectare représentent à peine la moitié de celles de la majorité d'autres pays.

« La RPDC reste un pays avec une très grande insécurité alimentaire et une population qui est de plus en plus vulnérable face à sa dépendance envers un système de distribution alimentaire défaillant. Les plus vulnérables n'ont aucun contrôle sur leur propre situation et se retrouvent dans une situation de détresse sans être responsables de cette situation. Pour cette raison, nous ne pouvons pas nous détourner du peuple de la RPDC, malgré les nombreuses difficultés, » a souligné la Secrétaire générale adjointe.

(Extrait sonore : Valerie Amos, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d'urgence)

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20/10/2017
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