Conseil des droits de l'homme : La traite des personnes, un défi majeur pour Haïti

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La domesticité infantile, qui est une pratique présentant des similarités avec la traite des êtres humains, concernerait 173 000 enfants haïtiens, dont 60% de sexe féminin. C'est l'une des conclusions du rapport présenté ce jeudi à Genève par les autorités de Port-au-Prince devant le Conseil des droits de l'homme. La traite des personnes constitue ainsi un défi majeur pour Haïti. Selon Jean-Claude Pierre, le Chargé d'affaire de la Mission d'Haïti auprès des Nations Unies à Genève, « la traite et le trafic des êtres humains demeurent un problème pour le gouvernement haïtien ».

Le document étudié dans le cadre de l'examen périodique universel note qu'après le séisme du 12 janvier 2010, des enfants victimes de trafic ont été rapatriés en Haïti grâce aux efforts conjoints des autorités haïtiennes et de l'Organisation Internationale pour les Migrations. Sans donner un chiffre exact sur ces retours, le rapport rappelle que ces enfants ont réintégré leur famille.

Autre préoccupation soulevée dans ce document, le phénomène des enfants des rues, principalement à Port-au-Prince qui s'est aggravé après le séisme du 12 janvier 2010. Pour contrer cette violation des droits fondamentaux de ces enfants, plusieurs projets ont été élaborés. Ainsi, certains ont pu être placés dans des centres d'accueil. Cependant le manque de ressources a minimisé la portée et les effets de ces mesures.

Par ailleurs, Jean-Claude Pierre fait remarquer que la lutte contre la pauvreté et les inégalités constitue, sans doute, le plus grand défi pour Haïti. En effet, sur une population d'environ 8,1 millions d'habitants, 55% (4,4 millions de personnes) vivent avec des revenus moyens en dessous de la ligne de pauvreté extrême de 1US$ par personne, par jour et 71%, soit près de 6,2 millions, en dessous de la ligne de pauvreté générale de 2 US $.

Enfin la question de l'impunité a été examinée dans ce rapport et elle « constitue un problème majeur lié aux lacunes du système judiciaire ». Le document note que ce système est un legs direct de la période précédant 1986, dont plusieurs mécanismes et comportements sont demeurés intacts, malgré l'abrogation des lois liberticides. L'une des conséquences néfastes de cette situation est que le justiciable fait peu de confiance à ses institutions et a parfois tendance à régler ses problèmes de manière extrajudiciaire, voire expéditive.

 (Extrait sonore : Jean-Claude Pierre, Chargé d'affaire de la Mission d'Haïti auprès des Nations Unies à Genève)

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20/10/2017
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