9 morts violentes sur 10 ont lieu en dehors d'un conflit, selon un rapport

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Photo : Small Arms Survey

D'après les estimations, 526 000 personnes meurent violemment chaque année, mais seulement 55 000 d'entre elles perdent la vie dans le cadre d'un conflit ou en raison du terrorisme, révèle la deuxième édition du « Fardeau mondial de la violence armée », publiée le 27 octobre 2011 à Genève. Le rapport indique également que les homicides volontaires (meurtres) font 396 000 victimes, dont 66 000 femmes, que les homicides dits « involontaires » font 54 000 victimes et que 21 000 personnes sont tuées au cours d'interventions légales.

Le Fardeau mondial de la violence armée s'appuie sur une base de données complète couvrant les morts violentes survenues dans le cadre de conflits et en dehors de tout conflit. « Les frontières entre la violence politique, criminelle et interpersonnelle sont de plus en plus floues, comme le montrent les meurtres associés au trafic de drogue en Amérique centrale ou la violence servant les intérêts économiques des pirates en Somalie », explique Keith Krause, un des rédacteurs et auteurs du rapport. « Cette étude présente une vue plus large de la violence armée meurtrière dans tous les contextes, y compris la violence criminelle et liée aux gangs, la violence liée à des conflits ou encore la violence fondée sur le genre », ajoute-t-il.

Le rapport propose une approche intégrée unique pour comprendre l'impact mondial de la violence meurtrière. En tant qu'outil de surveillance indépendant, il appuie la mise en oeuvre de la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement en contribuant à l'élaboration de réponses solides et fondées sur des données probantes aux défis de la violence armée. Un quart de toutes les morts violentes ont lieu dans 14 pays seulement, avec des taux de morts violentes annuels moyens de plus de 30 pour 100 000 habitants. La moitié de ces pays se trouvent aux Amériques. Bien que l'on parle beaucoup de la guerre aux actualités, les niveaux de violence armée dans certains pays en temps de paix se rapprochent de ceux des zones de conflit. Au cours d'une année moyenne entre 2004 et 2009, proportionnellement plus de personnes ont été tuées au El Salvador qu'en Irak. La violence meurtrière est distribuée de manière inégale non seulement entre les pays, mais également à l'intérieur des pays. Au Mexique, le taux national de morts violentes était de 18,4 pour 100 000 habitants en 2009. Mais il atteignait 170,4 pour 100 000 habitants à Ciudad Juarez, dans le nord du pays, la même année, soit plus de 20 fois le taux mondial.

Le Fardeau mondial de la violence armée constate également qu'il existe des liens entre la violence meurtrière et le sous-développement. Les pays affichant des niveaux élevés de violence meurtrière ont presque toujours du mal à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et que lorsqu'un pays progresse en termes de développement, ses niveaux de violence meurtrière ont des chances de diminuer. Confirmant les résultats d'études de plus en plus nombreuses, le rapport indique aussi que les pays où le chômage et l'inégalité des revenus sont peu élevés connaissent des niveaux d'homicides inférieurs.

(Extrait sonore : Elisabeth Gilgen, chercheure à l'ONG Small Arms Survey ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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