Yémen : le Conseil des droits de l'homme déplore les morts parmi des manifestants pacifiques

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Kyung-wha Kang,Haut Commissaire adjoint aux droits de l'homme

Un bilan non définitif rapporte qu'au moins 26 manifestants ont trouvé la mort dimanche 18 septembre au Yémen. C'est dans ce contexte que le Conseil des droits de l'homme a tenu lundi 19 septembre, un dialogue interactif sur la situation des droits de l'homme au Yémen. La Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme a exhorté les éléments armés de retirer de l’espace public toutes les armes, de s’assurer qu’aucun enfant âgé de moins de 18 ans ne soit recruté parmi ses rangs.

 Kyaung-wha Kang avait entre temps souligné la complication de la situation au Yémen. Ainsi, dans les régions du nord et du sud-est du pays, le Gouvernement semble être aux prises avec des groupes armés, y compris des membres présumés d’Al-Qaida. Elle a fait état de conflits de faible intensité dans ces zones où Al-Qaida est présente, de même qu’un fort mouvement sécessionniste dans le sud du pays, qui prend des formes violentes à intervalles réguliers. Mais cette instabilité ne saurait justifier de recourir à la force contre des protestataires pacifiques. Or selon Kyung-wha Kang, des civils innocents ont payé un lourd tribut au cours de ces manifestations civiles. Des enfants ont été victimes de torture, des femmes journalistes ou militantes ont été maltraitées et des migrants ainsi que des déplacés internes ont été également molestés. En conclusion, Kyung-wha Kang note que la Communauté internationale ne peut pas être indifférente sur le sort des Yéménites et demande aux Nations Unies d'ouvrir une enquête transparente sur les événements dans ce pays, notamment pour que les auteurs des violations de droits de l’homme comparaissent devant la justice. La Chef adjointe aux droits de l'homme demande donc à Sanaa de mettre un terme aux exactions.

Venu défendre la position de Sanaa devant le Conseil des droits de l'homme, le Ministre des affaires étrangères du Yémen a condamné tous les actes de violence et le sang versé lors des manifestations de dimanche à Sanaa. Dr. Abu Bekr Abdullah Al Qirbi a indiqué que son gouvernement « allait enquêter et faire rendre compte à ceux qui se sont rendus coupables de ces actes. La prolifération d’armes entre les mains des Yéménites rend malheureusement les choses plus compliquées », a souligné le Ministre yéménite.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Kyung-wha Kang, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme)

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23/10/2017
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