Syrie : la France demande à la communauté internationale de prendre ses responsabilités

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Le bilan de la répression des manifestations antigouvernementales qui durent depuis six mois en Syrie s’élève désormais à 2 700 morts, a annoncé lundi le Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’Onu, qui fait état d’une centaine de tués dans la semaine écoulée. Parmi ces milliers de victimes, cent enfants au moins, ont été tuées par l’armée et les forces de l’ordre depuis le début des manifestations de masse, à la mi-mars”, a déclaré la Haut commissaire adjoint, devant le Conseil des droits de l’homme de l’Onu à Genève. Kyung-wha Kang souligne également l’importance de traduire en justice les auteurs de crimes contre l’humanité commis en Syrie.

Selon les conclusions du rapport de la mission de l'ONU en Syrie, bien que les manifestations fussent pacifiques, les forces de sécurité ont eu recours à une politique du « tirer pour tuer ». En outre, la mission a constaté que des actes de torture avaient été commis à grande échelle et a appelé les autorités syriennes à mettre immédiatement un terme aux violations des droits de l'homme.Alors que le Gouvernement promettait des réformes politiques, il a continué à utiliser une force excessive, à tuer des manifestants et à mener des arrestations massives et des raids sur les villes, a ajouté Mme Kang.

En conclusion, la Haut-Commissaire adjointe a réitéré l'importance de mettre les auteurs de ces abus devant leurs responsabilités. Malgré la pression internationale, a-t-elle souligné, la répression sanglante n'a fait que s'amplifier en Syrie au cours des dernières semaines. De nombreuses manifestations à travers le pays ont appelé la communauté internationale à apporter une protection, notamment par la présence d'observateurs internationaux, ce qui prouve la situation déplorable des droits de l'homme qui prévaut actuellement en Syrie.

Le Représentant permanent de la France auprès de l'ONU à Genève a indiqué que ses pensées allaient aux familles des victimes de la répression en Syrie et en particulier à celle du jeune Ghiath Mathar, qui militait pacifiquement et qui a succombé aux tortures qui lui ont été infligées. Jean Baptiste Mattéi appelle la Syrie à mettre un terme à la répression, aux enlèvements et aux violences. Le représentant de la France demande également à la communauté internationale doit prendre ses responsabilités pour que cesse l'escalade de la violence, qui écrase le peuple syrien et menace gravement la stabilité régionale.

Pour sa part, le Représentant de la Syrie s'est déclaré surpris et stupéfait par l'évaluation de la situation des droits de l'homme dans son pays faite par la Haut-Commissaire. Cette évaluation a été menée sur la base de fausses informations, de données non étayées, d'un parti pris, de desseins cachés et pour satisfaire aux désirs de certains pays, a affirmé Faysal Khabbaz Hamoui. La Syrie s'estime être la proie de gangs armés qui ciblent des civils, attaquent des commissariats et tirent sur des officiers de police, a-t-il ajouté. Damas note que ces manifestations n'ont rien à voir avec des revendications politiques ; elles sapent l'intégrité et ruinent les acquis sociaux et économiques de la Syrie. En conclusion, l'Ambassadeur syrien a déclaré que la Syrie est libre de choisir son orientation politique et reste engagée à répondre aux aspirations de son peuple.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Jean-Baptiste Mattéi, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de l'ONU à Genève)

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20/10/2017
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