ONU : le Conseil de sécurité veut renforcer la diplomatie préventive pour éviter les conflits

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La réunion de haut niveau du Conseil de sécurité de l’ONU sur la diplomatie préventive, présidée par le chef de l'Etat libanais, Michel Sleiman, a réuni jeudi après-midi à New York les présidents d'Afrique du Sud, Jacob Zuma, du Gabon, Ali Bongo, du Nigéria Goodluck Ebele Johnatan et de Colombie, Juan Calderon. Le Premier ministre du Portugal et plusieurs ministres des affaires étrangères ont également assisté à cette importante réunion, ainsi que le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon qui a insisté sur l’importance de cet outil pour les relations internationales.

Ban Ki-moon a rappelé les succès récents de l’approche de diplomatie préventive qui incluent le référendum paisible au Soudan, la transition démocratique en Guinée et la fin de la violence au Kenya et au Kirghizstan. Malgré ces exemples positifs, les conflits violents continuent de causer des ravages. Les conséquences du manque de prévention sont visibles.

Dans un rapport présenté au Conseil de sécurité, le Secrétaire général a identifié plusieurs domaines prioritaires. D’abord, il faut donner la priorité à l’action précoce. Ensuite, il faut investir de façon continue dans les personnes qui mènent les efforts de diplomatie préventive sur le terrain. Troisièmement, il faut mettre les moyens nécessaires pour obtenir les résultats voulus en sachant que la prévention est infiniment moins coûteuse que la cure. Quatrièmement, les partenariats stratégiques doivent être renforcés et finalement, il faut soutenir les institutions et les mécanismes de médiation nationaux.

« La prévention restera une priorité fondamentale pour mon deuxième mandat de Secrétaire général. Je compte sur le soutien des Etats Membres, des organisations régionales, de la société civile et d’autres partenaires, » a souligné Ban Ki-moon.

De son côté, la Présidence du Conseil de sécurité, occupée en septembre par le Liban, a publié une déclaration dans laquelle elle insiste sur le fait que prévenir le déclenchement, l’escalade et la reprise des conflits est un impératif politique, humanitaire et moral absolu, qui présente également des avantages économiques.

« Le Conseil loue les efforts entrepris par le Secrétaire général en usant de ses bons offices et en dépêchant des représentants, des envoyés spéciaux et des médiateurs afin d’aider à faciliter des règlements durables et globaux, » indique le communiqué de presse de la Présidence du Conseil.

Le Conseil de sécurité a rappelé que toute stratégie globale de prévention des conflits doit notamment comprendre des éléments d’alerte rapide, de déploiement préventif, de médiation, de maintien de la paix, de désarmement concret et de responsabilité ainsi que des actions de consolidation de la paix au lendemain de tout conflit.

« Pour être efficace, tout cadre de diplomatie préventive compte sur la participation active de la société civile, en particulier des jeunes, des milieux universitaires et des médias. Les femmes jouent un rôle important dans la prévention et le règlement des conflits et dans la consolidation de la paix et elles doivent donc participer pleinement à la diplomatie préventive sur un pied d’égalité avec les hommes, » a souligné la Présidence du Conseil de sécurité dans sa déclaration.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro avec des extraits sonores des interventions de Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, de Jacob Zuma, Président de l'Afrique du Sud, d'Alain Juppé, Ministre des affaires étrangères de la France et Susan Rice, Représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations Unies)

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14/12/2017
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