OMS : le déclenchement des naissances n'est pas sans risque

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Selon une récente étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les femmes enceintes qui sont en bonne santé risquent des complications inutiles lorsque leur accouchement est déclenché prématurément et sans justification médicale.

L'étude, qui a suivi près de 40 000 naissances en Amérique latine conclut que les femmes ayant des grossesses à faible risque dont l'accouchement a été provoqué de façon prématurée sont trois fois plus à risque de devoir recourir à l'anesthésie lors du travail et d'être admises aux soins intensifs que les femmes accouchant naturellement.

Ces femmes sont également plus à même de devoir subir une césarienne ou d'autres interventions médicales qui peuvent se traduire par une plus longue période de rémission et des coûts de soins de santé plus élevés, rapporte l'OMS.

Le travail menant à l'accouchement peut être déclenché de manière artificielle en procédant au décollement ou à la rupture des membranes ou en utilisant des agents contracturants comme l'ocytocine et les prostaglandines, ou en ayant recours à une combinaison de ces méthodes.

Fait troublant, sur les 37 444 accouchements de femmes présentant des grossesses à faible risque évaluées dans le cadre de l'étude de l'OMS, 1 847 (soit près de 5%) ont été déclenchés sans raison médicale.

« Le déclenchement forcé du travail sans aucune raison médicale est de plus en plus fréquent », affirme le Docteur José Cecatti de l'Université de Campinas au Brésil. « L'accouchement provoqué peut être exigé par les mères, par exemple si elles doivent parcourir une certaine distance pour se rendre à l'hôpital, ou pour convenir à l'horaire du médecin. Nous devons être prudents lorsqu'on déclenche artificiellement le travail car cela peut engendrer des risques accrus et des effets indésirables qui ne sont pas compensés par les avantages perçus », conclut-il.

Cette étude n'a pas trouvé de risque accru pour la santé des bébés nés d'accouchements déclenchés prématurément. En revanche, les mères étaient 22% plus susceptibles d'être en retard dans le démarrage de l'allaitement. Au lieu de commencer dans la première heure de la naissance tel que recommandé par l'OMS, l'allaitement peut ainsi être retardé jusqu'à sept jours après la naissance.

(Interview : Docteur João Paulo Souza, médecin au Departement santé et recherche génésiques à l'OMS ; propos recueillis par Florence Westergard)

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20/10/2017
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