Navi Pillay : lutter contre le terrorisme et protéger les civils

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La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay (UN-Photo/Pierre Albouy)

Le Conseil des droits de l'homme a ouvert ce matin les travaux de sa dix-huitième session ordinaire, qui se tient au Palais des Nations à Genève jusqu'au 30 septembre. Présentant les activités du Haut Commissariat et les événements récents intervenus dans le monde dans le domaine des droits de l'homme, Navi Pillay a notamment observé que la commémoration des événements du 11 septembre 2001 et la récente attaque terroriste contre les Nations Unies commise à Abuja rappellent l'urgence de la lutte contre toute forme de manifestation de violence et de haine.

La Chef des droits de l'homme de l'ONU insiste également sur la protection immédiate et à long-terme des civils dans les situations de violence. Une protection qui devait constituer, selon elle, l'axe central des efforts collectifs de la communauté internationale.

La Haut Commissaire a aussi souligné la fragilité du processus de transition que connaissent un certain nombre de pays, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, surtout dans les pays où l'ancien régime a été chassé mais où «la vieille garde» n'a pas encore été remplacée. Navi Pillay pointe ainsi du doigt le Yémen où des centaines de personnes ont été tuées et des milliers blessées. En Syrie, la répression continue de faire des victimes et le soulèvement a fait au moins 2.600 morts en six mois.

En Libye, de nouvelles informations très alarmantes font état de violations brutales des droits humains, notamment des exécutions sommaires et des disparitions à grande échelle. Navi Pillay se préoccupe également de la sécurité des migrants africains en Libye, qui constitue selon la Chef des droits de l'homme, un motif de profonde inquiétude.

Tirant les leçons du Printemps arabe, la Chef des droits de l'homme de l'ONU note que la route vers la démocratie pourrait s'avérer moins facile qu'espéré. A cet égard, Navi Pillay note que la bonne gouvernance, le respect du principe de l'état de droit et la culture contre l'impunité doivent être au cœur de toute action au Moyen Orient.

Par ailleurs, Navi Pillay a souligné que la situation d'urgence tragique dans la corne de l'Afrique était le résultat de phénomènes naturels aussi bien que de l'échec des gouvernements à remplir leurs obligations de prévention et de secours. Elle a aussi déploré que les plans de lutte contre la crise économique et financière soient adoptés sous la pression des marchés et portent en eux le risque de régression en matière de réalisation des droits économiques sociaux et culturels. Selon Navi Pillay, il faut mener une réflexion pour mesurer les répercussions potentielles de ces mesures sur la vie des personnes marginalisées et vulnérables, notamment les femmes et les enfants.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Navi Pillay, Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU)

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23/10/2017
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