Libye : l'OIM préoccupée par le sort des migrants sub-sahariens

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Des ressortisants de pays subsahariens font la file pour recevoir de la nourriture dans un camp à Mistrata en Libye (Photo:OIM/Nicole Tung)

Alors que plusieurs rumeurs évoquent la présence non confirmée du Colonel Kadhafi au Niger, plus d'un millier de ressortissants nigériens sont bloqués à Sebha, dans le sud de la Libye. C'est ce qu'indique l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui est préoccupée depuis de longs mois par la situation des centaines de ressortissants d'Afrique sub-saharienne qui sont la cible de violences et de discriminations en Libye.

A Tripoli par exemple, l'OIM reçoit de plus en plus de signalements de migrants nécessitant une aide et une protection dans la capitale libyenne. Malgré une légère amélioration de la situation dans la ville où l'accès à la nourriture, à l'eau potable et au carburant est limité, la sécurité reste cependant potentiellement instable. Les migrants qui contactent l'OIM confient à l'Organisation qu'ils craignent de quitter leurs logements par peur d'être arrêtés ou tués, affirmant que même les migrants réguliers ont peur de sortir pour trouver de la nourriture et de l'eau car d'autres l'ont fait et ne sont pas revenus.

Bien qu'il n'existe aucun chiffre fiable sur la population migrante existante à Tripoli, d'après le nombre croissant d'informations non confirmées reçues, il est clair pour l'OIM que de plus en plus de migrants très vulnérables sont présents dans la ville. D'autres organisations alertent également l'OIM sur les groupes de migrants qu'elles ont rencontrés et qui ont besoin d'aide. La plupart des migrants évitent délibérément de se regrouper pour éviter de se faire remarquer ou d'être pris pour cible. L'accès aux migrants subsahariens demeure bloqué par les problèmes de sécurité et par les points de frontières auto-établis ou parce que les migrants ont peur de se réunir.

Alors que de nombreux migrants souhaitent que l'OIM les aide à quitter la Libye, d'autres non. Ainsi, un groupe de 800 Africains subsahariens bloqués dans un port de pêche qui soit craignent de retourner dans leur pays d'origine et veulent l'asile, soit n'ont pas de perspectives de moyens d'existence après leur retour. L'augmentation considérable des prix de la nourriture et l'accès limité ou absent aux fonds permettant d'acheter les aliments disponibles ne fait qu'accroître le nombre de migrants nécessitant une aide humanitaire.

(Extrait sonore : Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'OIM)

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16/10/2017
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