Haïti : l’ONU inquiète de la multiplication des expulsions

Écouter /

A relatora brasileira visitou acampamentos no Haiti.

La communauté humanitaire en Haïti, qui comprend des agences des Nations Unies, a exprimé mardi sa préoccupation suite aux dernières expulsions ayant eu lieu dans les camps formés à la suite du séisme du 12 janvier 2010.

« Ces incidents, qui se sont produits dans certains cas avec l’usage de la force, remettent en cause le respect du droit des personnes à un logement convenable », a déclaré le Coordonnateur humanitaire en Haïti, Nigel Fisher, dans une déclaration.

Depuis le séisme, 67.162 individus ont été affectés par les processus d’expulsion. Le nombre cumulatif de camps sous menace d’éviction est passé de 87 en juillet 2010 à 348 en juillet 2011, soit une augmentation de 400%.

« La communauté humanitaire en Haïti réitère son opposition aux expulsions forcées qui ne font qu’accroître les vulnérabilités des personnes résidantes dans les camps. Elle rappelle qu’une expulsion de personnes sans alternative de logement convenable constitue une violation de leurs droits humains et des Principes directeurs relatifs aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays », a dit le Coordonnateur humanitaire.

Ces Principes prévoient que l’Etat a la responsabilité de protéger les droits des individus se trouvant sur son territoire et de garantir la mise en place de conditions favorisant un retour durable des populations des camps, dans la sécurité et la dignité.

A cet égard, la communauté humanitaire en Haïti s’est félicité que le Président haïtien Michel Martelly ait réitéré l’opposition de son administration aux expulsions forcées et qu’il ait proposé une approche intégrée pour la mise en place de solutions durables. Elle a pris également note de la demande faite aux communes d’être patientes et de n’entreprendre aucune action contre-productive.

« La communauté humanitaire est déterminée à offrir tout le soutien nécessaire aux autorités afin que toute fermeture de camps soit faite dans le respect des droits des personnes affectées et de manière planifiée, prévisible et en consultation avec les populations visées, dans un cadre plus large visant à l’amélioration de l’accès à un logement convenable et qui prend en considération aussi les droits légitimes des propriétaires », poursuit la déclaration.

Pour ce faire, elle propose la création d’une plateforme associant les ministères concernés, les autorités locales, la police nationale haïtienne, les représentants du secteur privé ainsi que ceux de la communauté humanitaire. Un tel mécanisme reposerait sur une planification effective de la fermeture des camps et l’identification de solutions de relogement dans une perspective de planification urbaine et rurale.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
19/10/2017
Loading the player ...