Droits l'homme : la famine en Somalie est aussi bien le fait de l’homme que de la nature déplore un expert

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Shamsul Bari, Expert indépendant de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Somalie (UN-Photo Jean-Marc Ferré)

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a examiné ce mercredi le rapport de l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Somalie. Un document qui souligne qu’outre la sécheresse et la famine, les bombardements, les tirs aveugles en agglomération, les suicides et les attentats à la bombe artisanale commis par le groupe d’insurgés Al-Chabaab se poursuivent. Shamsul Bari a exprimé sa conviction que la famine en Somalie est aussi bien le fait de l’homme que de la nature. Selon l’Expert indépendant, quatre millions de personnes vivent dans une situation critique, parmi lesquelles trois millions se trouvent dans le Sud de la Somalie et 750 000 risquent de décéder.

L'Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Somalie, a déclaré que la situation de famine en Somalie s’était encore aggravée depuis la rédaction de son rapport il y a un mois et demi. En conséquence, il en résulte que les privations subies par le peuple somalien sont pires que jamais au cours des trois dernières années. La sécheresse sans précédent combinée au conflit armé qui ravage la Somalie depuis deux décennies ont plongé la population dans une situation extrême.

L’Expert indépendant a exprimé sa conviction que la famine en Somalie est aussi bien le fait de l’homme que de la nature. Il est impératif pour la communauté internationale de s’attaquer à cette combinaison de famine et de guerre, a-t-il exhorté. Nombre de refugiés au Kenya expriment leur sentiment d’avoir été trahi par la milice des Al-Chabaab, qui a géré la crise de manière catastrophique. Cette désillusion populaire a concouru au retrait des Al-Chabaab de Mogadiscio en août dernier. Ces circonstances donnent une opportunité unique aux Gouvernement fédéral de transition de consolider sa position vis-à-vis de la population. Il faut que l’aide humanitaire participe au renforcement du Gouvernement fédéral de transition. Les Somaliens doivent voir une différence tangible entre leurs conditions de vie sous les autorités gouvernementales et sous les Al-Chabaab.

En conclusion, Shamsul Bari a déclaré que, même si la situation reste fragile, une opportunité de stabiliser la Somalie semble émerger. Comme l’a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, il est temps pour les autorités de transition et les dirigeants somaliens de mettre en œuvre la Feuille de route pour la fin de la transition. De même, il est nécessaire que la communauté internationale reste engagée dans le processus de paix et fournisse les ressources nécessaires aux autorités de transition pour assurer que cet investissement politique porte ses fruits.

Le Représentant de la Somalie à Genève a noté pour sa part que les conditions ne sont pas encore réunies pour que son pays devienne partie au statut de la Cour pénale internationale même si la Somalie reste attachée au renforcement du pouvoir judiciaire.

Certains Etats ont souligné la gravité de la situation, non sans rappeler que la lutte contre l’impunité et contre la violence est la clé de la pacification de la Somalie. D'autres délégations ont noté que les milices Al-Shabab devaient garantir un accès sans entrave aux organisations humanitaires.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Shamsul Bari, Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Somalie)

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20/10/2017
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