Bahreïn : Navi Pillay préoccupée par les lourdes peines infligées aux manifestants

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Drapeau du Bahreïn

Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a exprimé sa vive préoccupation par les lourdes peines infligées par un tribunal d’exception de Bahreïn à l’encontre de plus de 50 manifestants. « Des condamnations aussi sévères envers des civils prononcées par un tribunal militaire, avec de sérieuses irrégularités, suscitent une grande inquiétude », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat.

Le Bureau des droits humains de l'ONU a indiqué que 20 médecins, 2 responsables d’associations d’enseignants, et au moins 32 autres personnes avaient été condamnés à des peines allant de 3 ans de prison à la peine de mort. Les services de Navi Pillay, la Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, indiquent qu’il y avait pourtant « de sérieuses irrégularités de procédure ». Par exemple, les accusés n’ont eu que peu de contacts avec leurs avocats, qui n’ont pas eu le temps de préparer la défense de leurs clients. « Nous avons même entendu parler de cas où des accusés ont appelé leurs familles un jour avant l’audience, pour prendre un avocat », a fait remarquer le porte-parole du Haut Commissariat. Rupert Colville note par ailleurs que le tribunal n’a pas enquêté sur les accusations de tortures, et d’enregistrements interdits. « Tout ceci nous inquiète », a-t-il indiqué. Dans ces conditions, le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme lance un appel aux autorités de Manama pour qu’elles s’assurent « que chaque personne détenue est poursuivie pour un motif criminel bien déterminé et qu’elle a suffisamment de temps pour préparer sa défense».

Un tribunal militaire du Bahreïn a condamné à mort jeudi 29 septembre un manifestant pour avoir tué un policier, et 20 médecins à des peines de prison pour avoir tenté de renverser le régime. Treize membres du groupe, dont huit médecins, ont été condamnés à 15 ans de prison chacun par la Cour de sûreté nationale. Deux médecins ont été condamnés à dix ans de prison, et cinq personnes, dont trois médecins, à cinq ans chacun. Les condamnés, parmi lesquels des femmes, ont été reconnus coupables d’avoir incité au « renversement par la force du régime ».

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme)

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16/10/2017
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