Ali Bongo : promouvoir la paix et la démocratie

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Ali Bongo Ondimba, Président du Gabon

Comme annoncé, les Palestiniens ont soumis ce vendredi matin au Secrétaire général de l'ONU leur candidature aux Nations Unies pour siéger en qualité d'État de plein droit. L’occasion pour Ali Bongo le Président du Gabon de réagir. Ali Bongo estime que le conflit israélo-palestinien doit se résoudre par le dialogue. Il a d’ailleurs proposé au micro de la Radio des Nations Unies ses bons offices. Ali Bongo est également revenu sur les défis du Gabon notamment la question de la déforestation.

Lors de son intervention devant l'Assemblée générale, le Président gabonais avait rappelé les liens profonds qui existent entre la paix et la sécurité d'une part, et le développement et la démocratie d'autre part. « Et c'est parce que les Gabonais vivent en paix sur leur territoire, avec leurs voisins et avec le monde, qu'ils seront en mesure d'atteindre de nouveaux objectifs de développement », a affirmé le Président. Depuis l'année dernière, son gouvernement est passé à l'action et a mis en place et consolidé les infrastructures stratégiques dans les domaines industriels, agricoles et de la protection de l'environnement, ainsi que dans le cadre de la préparation de la coupe d'Afrique des nations (CAN), que le Gabon organisera en 2012, conjointement avec la Guinée équatoriale.

Abordant la question de la paix et de la sécurité en Afrique, le Président a expliqué que son pays y avait apporté sa contribution dans la mesure de ses moyens. Ainsi, il a reconnu le Conseil national de transition (CNT) en Libye et a participé à la Conférence des amis de la Libye à Paris. S'agissant de la Somalie, le Président a estimé qu'il fallait agir de manière résolue compte tenu de la gravité de la situation. «Il importe que tout soit fait pour que l'aide humanitaire parvienne aux populations dans leurs villes et villages », a déclaré Ali Bongo Ondimba.

Sur la question de Palestine, le Président a souligné les profondes implications qu'elle avait sur la paix au Moyen-Orient. Il a formé le vœu de voir bientôt un État palestinien, vivant en paix côte à côte avec Israël, dans des frontières sûres et reconnues. Il a ensuite abordé le point de la réforme du Conseil de sécurité à laquelle son gouvernement est favorable, soulignant que l'Afrique devrait, d'une manière qui reste à définir, y siéger de façon permanente. Il a également fait état de l'engagement du Gabon en faveur de la protection de l'environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le Président Bongo Ondimba a ensuite fait part de ses préoccupations relatives à l'impact de la crise économique mondiale sur les pays du Sud et surtout pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Cette crise sur les investissements publics dans les secteurs sociaux de base, tels que l'éducation, la santé et la fourniture d'eau potable et d'électricité, limite la marge de manœuvre de ces pays à promouvoir le développement, a expliqué le Président, ajoutant que l'échéance 2015 pour la réalisation des OMD demeure pour beaucoup de ces pays, dont le Gabon, un défi difficile à relever.

Le chef de l'État gabonais a poursuivi en soulignant que l'aide au développement marquait le pas et a lancé un appel à la communauté internationale pour s'efforcer de répondre aux engagements souscrits à Monterey, à Doha, à Gleeneagles, à Paris et à Accra. « Il faut un nouveau partenariat mondial en faveur du développement pour assurer une croissance économique durable dans nos pays », a exigé Ali Bongo Ondimba. « L'aide doit s'accompagner de plus d'investissements directs et de plus de commerce juste et équitable », a-t-il poursuivi.

Passant au thème du débat général de cette année, le Président gabonais a rappelé l'attachement historique de son pays à la médiation et à la résolution pacifique des différends et des conflits. Il a assuré que le Gabon ne se départirait jamais de cette voie, en particulier au moment où l'Afrique s'efforce de réaliser son intégration politique et économique. « Nous savons bien que la médiation peut avoir des limites, et la communauté internationale doit toujours être prête, le cas échéant, à envisager d'autres modes de prévention et de résolution des conflits », a précisé le Président Bongo Ondimba. Dans ce contexte, il a encouragé les Nations Unies à renforcer leur coopération avec tous les acteurs intervenant dans ce domaine, soulignant qu'en Afrique, l'Union africaine continuait de renforcer ses capacités de médiation et était un acteur indispensable.

(Interview: Ali Bongo Ondimba, Président du Gabon; propos recueillis par Maha Fayek)

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18/10/2017
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