Syrie : la répression « pourrait relever de crime contre l'humanité »

Selon le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme sur la situation en Syrie publié ce jeudi à Genève, les « graves violations des droits de l’homme » en Syrie contre les manifestants « pourraient relever de crimes contre l’humanité ».

Le rapport appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à « envisager de saisir la Cour pénale internationale sur la situation en Syrie ». Il évoque un ensemble de violations des droits de l’homme constituant une attaque généralisée ou systématique contre la population civile, et fait état de la mort de 1900 civils tués entre mi-mars et mi-juillet.

Le document de 12 pages a été compilé par une mission de treize experts des droits de l’homme mandatée par Navi Pillay, le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

Les membres de la mission ont enquêté entre le 15 mars et le 15 juillet aux confins de la Syrie en l’absence de coopération du gouvernement syrien concernant l’accès au pays. Ils ont pu notamment visionner une cinquantaine de vidéos et de nombreuses photos “liées à d’apparentes violations des droits de l’homme” obtenues par des sources privées ou des médias, note le rapport.

Le rapport fait notamment état « de torture et d’autres traitements dégradants et inhumains de civils par les forces de sécurité et l’armée, violant les obligations internationales de la Syrie aux termes de la convention contre la torture ». Il relève « une apparente volonté de tirer pour tuer, la plupart des blessures par balles des victimes ayant été localisées dans la tête, la poitrine et généralement la partie supérieure du corps ».

« Tant les forces armées que les forces de sécurité” syriennes “sont impliqués dans la répression des manifestations pacifiques » note le rapport indiquant que celles-ci ouvrent souvent le feu sans discernement sur des civils, sans sommation et à courte portée. « De nombreuses femmes et beaucoup d’enfants ont été tués et des exécutions sommaires ont eu lieu en dehors du contexte des manifestations » relève le rapport.

Cette mission a été mandatée par une résolution votée lors d’une session spéciale sur la Syrie le 29 avril dernier du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une nouvelle session spéciale de cet organe sur la situation en Syrie se tiendra lundi 22 août à Genève, à la demande de l’Union européenne, des pays arabes, et des Etats-Unis.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme)

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12/12/2017
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