Syrie : détérioration de la situation selon l'ONU

Oscar Fernandez-Taranco, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques (UN-Photo/Paulo Filgueiras)

Le Conseil de sécurité s'est réuni à huis clos mercredi après-midi à New York pour examiner la situation en Syrie. Les quinze ont entendu l'exposé d'Oscar Fernandez-Taranco. Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques a estimé que la situation sur place était en train de se détériorer alors que les offensives militaires lancées par le régime du Président Béchir El-Assad contre les civils se poursuivent. Un bilan macabre qui selon les estimations se traduirait par 2 000 morts, 3 000 disparus, 13 000 personnes détenues et des dizaines de milliers de civils qui ont été contraints de quitter leur domicile et leur terre sans compter près de 8 000 Syriens réfugiés dans des camps en Turquie.

Des chiffres et un rapport accablant repris, à la sortie des consultations devant la presse par Martin Briens, le chargé d'affaires de la France qui a déploré que l'ONU, tout comme les organisations humanitaires, les médias et les ONG n'aient pas accès aux villes concernées. Le diplomate français a également regretté le manque de coopération avec le Bureau du Haut Commissaire aux droits de l'homme, avant de réitérer les exigences de l'Union européenne et de la France.

Martin Briens a déclaré que « la déclaration présidentielle que nous avons adoptée la semaine dernière a constitué un pas très important, un tournant. Elle a envoyé un message uni, très clair au régime syrien : que la violence devait cesser immédiatement, que les violations des droits de l'Homme devaient cesser immédiatement, que les réformes soient mises en œuvre et que l'accès humanitaire soit restauré ». « Aujourd'hui, a-t-il ajouté, nous réitérons l'exigence que le régime syrien réponde immédiatement à ces appels du Conseil et de la communauté internationale dans son ensemble ». « Si le régime syrien persistait à ignorer ces demandes de la communauté internationale, qui ne sont pas simplement des demandes du Conseil de sécurité mais qui viennent de plus en plus et de façon de plus en plus pressante de pays de la région, alors nous devrons envisager les moyens d'accroître la pression sur le régime syrien afin qu'il réponde aux appels de plus en plus insistants de la communauté internationale », a-t-il conclu.

Réponse du berger à la bergère. Celle de l'ambassadeur de la Syrie auprès des Nations Unes. Bashar Ja'afari qui a nié devant les journalistes la véracité des propos tenus quelques minutes auparavant par la France et par plusieurs représentants de pays européens. Le diplomate syrien a accusé ses homologues ambassadeurs de vouloir manipuler la vérité et d'avoir caché d'importants faits et éléments liés à la soi-disant situation en Syrie. Selon lui, « ils ont ignoré délibérément d'importantes mesures prises par le gouvernement syrien. Délibérément ils ont passé sous silence des progrès importants et positifs réalisés en Syrie ». A l'instar de la visite de la délégation représentant l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud qui s'est félicitée de sa rencontre avec les dirigeants syriens. De même que la récente visite du ministre turc des affaires étrangères et les remarques positives formulées à l'issue de ses entretiens.

A noter que le Conseil de sécurité devrait de nouveau se réunir dans les prochains jours pour examiner la situation en Syrie.

(Mise en perspective : Jérôme Longué, avec des extraits sonores des interventions devant la presse du chargé d'affaires français, Martin Briens, et du Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, Bashar Ja'afari)

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23/10/2017
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