Soudan du Sud : le chef des droits de l'homme de l'ONU agressé par la police

Écouter /

La Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, s'est dite très préoccupée ce vendredi par les récents combats entre les communautés Murle et Lou Nuer dans l'Etat de Jonglei, au Soudan du Sud. Ces affrontements ont causé la mort d'au moins 600 personnes, fait plus de 850 blessés et causé le déplacement de plus 26 000 personnes depuis le 19 août 2011.

Par ailleurs, Navi Pillay juge inadmissible l'agression de Benedict Shaloh, un haut responsable des droits de l'homme de l'ONU, frappé par la police du Soudan du Sud. Elle qualifie l'incident de totalement inacceptable. Les autorités du Soudan du Sud ont indiqué qu'elles allaient ouvrir une enquête.

Benedict Sannoh, qui dirige la division des droits de l'homme à la mission de l'ONU au Soudan du Sud, a été gravement attaqué dans le hall de son hôtel à Juba. Selon le Haut Commissariat aux droits de l'homme, une douzaine de policiers l'ont sauvagement battu. Après l'agression, la chambre du responsable a été fouillée et mise à sac. Il a été retenu plusieurs heures, avant d'être relâché, puis hospitalisé dans un établissement de l'ONU, où il est resté 5 jours.

En attendant l'enquête, l'ONU rappelle que d'autres incidents de harcèlement et d'intimidation des membres du personnel onusien par les forces de sécurité sud soudanaises ont également été signalés ces derniers mois.

Navi Pillay rappelle à Juba sa responsabilité de protéger les civils et au respect des droits humains.

Les heurts ont commencé jeudi dernier dans l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud. Des membres de la tribu Murle sont soupçonnés d'avoir attaqué cinq villages de la tribu Lou Nuer. Plus de 200 enfants et des femmes ont été enlevés. Près de 8000 maisons ont été brûlées et les assaillants sont repartis avec du bétail. Ces affrontements intercommunautaires ont obligé depuis le 19 aout plus de 26 000 personnes à se déplacer dans d'autres localités.

Dans ces conditions, Navi Pillay appelle le Gouvernement du Sud Soudan à prendre toutes les mesures pour restaurer la sécurité dans l'Etat de Jonglei, pour protéger les civils affectés par cette violence et pour travailler avec les deux communautés afin de réduire les tensions ainsi que prévenir de futurs affrontements intercommunautaires. La Haut-Commissaire rappelle au gouvernement sa responsabilité de protéger les civils mais en appelle également à Juba de veiller à la bonne gouvernance, à la primauté de l'état de droit et au respect des droits humains au Soudan du Sud.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo, avec un extrait sonore de Rupert Colville, Porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...