Semaine mondiale de l'eau : approvisionner les villes du futur

Une femme de Pune, au Timor-Leste, prend de l'eau pour sa maison (UN-Photo/Martine Perret)

Jusqu'au 27 août se tient à Stockhom, en Suède, la Semaine mondiale de l'eau. Depuis sa première édition tenue en 1991, cet événement est organisé par l'Institut international de l'eau à Stockholm et se veut une occasion pour différentes organisations scientifiques, tout comme les professionnels et les dirigeants politiques, d'échanger sur les défis de l'heure concernant l'eau.

L'édition 2011 de la Semaine mondiale de l'eau met l'accent sur les changements climatiques et l'urbanisation. Il est estimé que d'ici 2050, la population urbaine aura la même taille que la population mondiale totale actuelle, soit 7 milliards de personnes. De plus, près de 95% de cette croissance de la population sera concentrée dans les zones urbaines, en particulier dans les villes secondaires, en périphérie des grandes agglomérations.

Ceci représente un défi de taille pour tous les pays du monde, mais en particulier pour les pays les moins avancés et les pays en développement en Afrique, en Asie et, dans une moindre mesure, en Amérique du Sud.

Comme l'explique Ger Bergkamp, Directeur des programmes et des régions à l'Association internationale de l'eau, une des organisations qui participent à la Semaine mondiale de l'eau, plusieurs villes ont des systèmes de traitement et de distribution des eaux qui sont inadéquats, surtout face à cette forte augmentation de population. Les infrastructures que l'on retrouve traditionnellement dans plusieurs pays développés sont souvent trop coûteuses pour être reproduites dans les pays en développement. Aussi, si la qualité de l'eau à la sortie de ces usines d'épuration est bonne, elle se détériore souvent durant son transport dans les aqueducs qui ne sont pas toujours bien entretenus, faute de financement.

Pour que les populations urbaines des pays en développement aient un meilleur accès à de l'eau de qualité, un nouveau modèle d'infrastructure et de gestion des eaux doit être proposé, selon Ger Bergkamp. De récentes statistiques démontrent qu'on accuse un sérieux retard dans l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à l'eau : un milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable et plus de deux milliards sont sans services d'assainissement de base.

L'Association internationale de l'eau a ainsi mis sur pied un programme intitulé « Villes du futur » pour étudier la question. Pour son Directeur des programmes et des régions, il est impératif de créer des systèmes à plus petite échelle, décentralisés, pour desservir des quartiers où habitent par exemple 100 ou 1 000 familles, au lieu de miser sur des systèmes à grande échelle qui coûtent trop cher à entretenir.

De telles infrastructures locales sont déjà en opération en Indonésie, où non seulement la population bénéficie d'une eau de qualité, mais où les déchets générés par l'épuration des eaux sont recyclés pour produire de l'électricité.

Pour des villes du futur en santé, il faut « connecter la planification des villes avec la planification des infrastructures de l'eau et des services d'assainissement », résume Ger Bergkamp.

(Interview : Ger Bergkamp, Directeur des programmes et des régions à l'Association internationale de l'eau ; propos recueillis par Frédéric Choinière)

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23/10/2017
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