Iraq : la situation reste fragile

La situation des droits de l'homme en Iraq est demeurée fragile en 2010 selon un rapport des droits de l'homme de la Mission des Nations Unies pour l'Iraq (UNAMI) et du Haut Commissariat aux droits de l'homme publié lundi à Bagdad et à Genève.

Environ 3 000 civils auraient été tues suite à des actes de violences en 2010, indique le rapport. Ce chiffre ne représente aucune amélioration par rapport au niveau de 2009, même s'il reste nettement meilleur que les niveaux de 2007 et 2008 qui étaient jusqu'à trois fois plus élevés.

Le rapport étudie la situation des droits de l'homme en Iraq en 2010 et se penche, entre autres, sur l'impact de la violence armée sur les civils, des conditions de détention et de la protection de groupes particuliers.

Selon le rapport « les membres de minorités, les femmes et les enfants continuent de souffrir de manière disproportionnée de la violence, qu'elle soit ciblée ou non ». Les droits politiques, y compris la liberté de réunion et d'expression, ont vu quelques améliorations, mais les défis persistent.

Le rapport fait état de « violations silencieuses » : pauvreté répandue, stagnation économique, absence d'opportunités, dégradation de l'environnement et absence de services de base. Selon Rupert Colville, porte parole du Haut Commissariat des droits de l'homme, ces violations durent depuis huit ans déjà et affectent la plupart des Iraquiens.

L'étude onusienne signale que, s'agissant des droits des femmes, la situation « s'est détériorée par certains aspects en 2010 », citant le fait qu'une seule femme siège au gouvernement. Les « crimes d'honneur », la violence domestique et les mutilations sexuelles demeurent également fréquents.

L'ONU note en outre que la ligne séparant l'activité des groupes criminels de celle des terroristes tend à se brouiller, les militants de causes idéologiques ou politiques ayant « de plus en plus recours au crime pour se financer ».

Parmi les autres sources d'instabilité, le rapport indique l'absence de vainqueur clair lors des législatives de mars 2010, qui a conduit à « un processus de formation du gouvernement qui ne s'est achevé qu'en décembre 2010 ». Ce retard a à la fois alimenté l'instabilité et freiné la mise en œuvre des réformes qui auraient pu bénéficier à la population civile, déplore-t-il.

Enfin, la fin des opérations de combat de l'armée américaine en août 2010 a également eu un impact sur la sécurité dans le pays, note l'ONU.

(Extrait sonore : Rupert Colville, porte parole de Haut commissariat des Nations Unies; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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12/12/2017
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