Syrie : le Conseil des droits de l'homme enfonce le clou

Le Conseil des droits de l'homme à Genève (UN-Photo/Jess Hoffman)

A Genève aujourd'hui le Conseil des droits de l'homme a tenu une session extraordinaire sur la situation en Syrie.

Au cours de cette session les Membres pourraient adopter une résolution demandant une cessation immédiate des violences contre la population et « l'envoi urgent d'une commission d'enquête indépendante» sur place pour «mener des investigations sur les violations des droits de l'Homme en Syrie depuis le mois de mars» et en «identifier les auteurs pour s'assurer» qu'ils répondent de leurs actes.

Cette session suit la publication le 18 août dernier du rapport de la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, qui a estimé que les violations systématiques des droits de l'homme par le gouvernement syrien contre des manifestants pacifiques dans plusieurs villes du pays pourraient constituer des crimes contre l'humanité.

Selon Jean-Baptiste Mattei, Représentant permanent de la France auprès de l'Office des Nations Unies à Genève, à différence de la mission d'enquête créée en avril dernier lors de la première session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme sur la Syrie, la Commission d'enquête aurait plus de poids, un caractère plus indépendant et serait une entité différente du Conseil des droits de l'homme. Elle devrait rédiger un rapport faisant état de ses investigations, qui serait par à la suite transmis à l'Assemblée générale, au Conseil de sécurité et, le cas échéant, référé à la Cour pénale internationale (CPI).

Cette session extraordinaire fait suite à la demande de l'Union européenne, des pays arabes, et des Etats-Unis, qui ont rassemblé plus du tiers des pays membres nécessaires pour recourir à une telle mesure.

A ce jour, plus de 2 200 personnes auraient été tuées dans les protestations populaires qui ont commencé en mars. Malgré les assurances du Président syrien Bachar Al-Assad au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon lors d'une conversation téléphonique mercredi dernier que les opérations militaires étaient terminées, au moins cinq personnes ont été tuées jeudi et trente-quatre vendredi et des chars sont toujours déployés autour des villes.

(Mise en perspective Cristina Silveiro. Propos de Jean-Baptiste Mattei, Représentant permanent de la France auprès de l'Office des Nations Unies à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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