Soudan du Sud : le Conseil de sécurité recommande l'admission du nouvel État

Alain Le Roy, Secrétaire général adjoint des opérations de maintien de la paix

Les membres du Conseil de sécurité se sont réunis ce matin à New York pour examiner la question de l'admission de nouveaux États Membres des Nations Unies. Les quinze ont décidé de recommander à l'Assemblée générale d'admettre la République du Soudan du Sud en qualité de membre de l'ONU. Une étape indispensable pour que la nouvelle nation devienne le 193ème Etat Membre de l'ONU. La décision du Conseil était contenue dans une résolution adoptée sans vote, sur recommandation de son Comité sur l’admission de nouveaux Membres, qui a examiné la demande d’adhésion présentée par le président du Soudan du Sud.

Dans une déclaration lue par Guido Westerwelle, ministre des affaires étrangères de l’Allemagne, qui assure la présidence tournante du Conseil ce mois-ci, les quinze notent «avec une grande satisfaction” l’engagement solennel du nouveau pays à défendre les buts et principes de la Charte des Nations Unies et à remplir toutes les obligations qui y sont contenues.

«Nous nous réjouissons de la République du Soudan du Sud de se joindre à nous en tant que membre de l’Organisation des Nations Unies et de collaborer étroitement avec ses représentants», indique la déclaration.

Le Secrétaire général Ban Ki-moon, s’est adressé aux participants, en disant que «comme tout nouveau-né,« le Soudan du Sud – qui, le jour de sa naissance figurait parmi les Etats ayant les indicateurs de développement humain les plus faibles du monde – a besoin d’aide.

Il appartient désormais à l’Assemblée général d’agir sur recommandation du Conseil, dont la décision intervient quelques jours après que le Soudan du Sud a officiellement rompu avec le reste du Soudan, le 9 Juillet dernier.

L’indépendance du Soudan du Sud est le résultat du référendum tenu en janvier dernier conformément à l’Accord global de paix de 2005 (CPA) qui a mis fin à une guerre civile de plusieurs décennies entre le Nord et le Sud.

Dans la foulée, le Conseil de sécurité s'est réuni de nouveau pour examiner la situation au Soudan, en présence notamment du Vice-Président du Soudan du Sud, du Secrétaire général de l'ONU et d'Alain Le Roy, son adjoint aux opérations de maintien de la paix, qui a présenté le rapport de Ban Ki-moon sur la nouvelle Mission des Nations unies en République du Soudan du Sud (MANURSS) créé vendredi dernier pour aider la nouvelle nation à consolider la paix et jeter les bases de long terme de construction de l’État de prévention des conflits et le développement économique.

La nouvelle mission, qui comprendra jusqu’à 7.000 personnels militaires et 900 policiers ainsi qu’une composante civile, succède à la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS), qui avait été créée suite à la signature de l'Accord global de paix.

“La transition vers cette nouvelle mission est en bonne voie”, a déclaré Alain Le Roy, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, notant que la Représentante spéciale du Secrétaire général, Hilde Johnson, travaille depuis sa prise de fonctions le 9 juillet pour établir MANURSS. Des efforts sont déployés pour achever la transition d'ici six mois.

Pendant ce temps, des préparatifs sont également en cours pour accélérer la mise en place de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (UNISFA), avec des plans pour le déploiement initial de 1 643 soldats avant le 20 Juillet, a déclaré Alain Le Roy. Selon un accord signé entre le nord et le sud le mois dernier, leurs forces respectives – qui se sont affrontées à plusieurs reprises dans la région contestée – devraient se retirer d’Abyei à la fin de ce premier déploiement.

«Une des premières tâches de l'UNISFA sera de surveiller ce retrait complet des forces d’Abyei”, a-t-il déclaré. Alain Le Roy a également exprimé sa préoccupation face à la situation dans l’Etat soudanais du Sud-Kordofan, où les rapports de la poursuite des combats mettent la vie des civils en danger. Il a souligné qu’il est essentiel que les parties cessent les hostilités et privilégient le dialogue politique.

“Il est également important que les parties travaillent à résoudre le processus inachevé de l’Accord de paix global et les questions relatives à la période suivant l'indépendance, y compris le statut final d’Abyei, des consultations populaires dans le sud du Kordofan et du Nil Bleu, le partage des recettes pétrolières, financières et des dispositions transitoires sur la démarcation et la a sécurité des frontières”, a-t-il déclaré.

(Extrait sonore : Alain Le Roy, Secrétaire général adjoint des opérations de maintien de la paix)

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18/10/2017
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