Pakistan : la lente reconstruction un an après les inondations

Près d'un après les pires inondations que le pays ait connues, la vie retrouve peu à peu son cours normal à Garhi Khairo, même si la plupart des constructions portent encore les stigmates de la catastrophe

Un an après les inondations dévastatrices qui ont frappé le Pakistan, des milliers de personnes continuent de lutter au quotidien pour subvenir aux besoins de leurs familles. Ce premier anniversaire rappelle cruellement combien le processus de relèvement s’avère long et difficile. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge du Pakistan poursuivent leur action conjointe pour venir en aide aux familles qui n’ont pu réensemencer leurs terres que récemment.

A la suite des inondations sans précédent qui ont frappé le Pakistan en 2010, certaines régions du nord de la province du Sindh sont restées longtemps sous les eaux. Le CICR a donc continué d’aider ces communautés à rétablir leurs moyens de subsistance. La catastrophe a fait de très nombreuses victimes au sein de la population pakistanaise, en particulier dans les communautés rurales reculées déjà durement touchées par les conséquences de la violence armée.

Circonstance aggravante, la violence armée qui a éclaté au milieu de l’année 2008 dans le nord-ouest du Pakistan a des effets dramatiques sur le plan humanitaire dans la région et ailleurs dans le pays. Les affrontements entre les forces armées pakistanaises et les groupes d’opposition armés qui font rage dans la province du Khyber Pakhtunkhwa depuis 2009 provoquent des vagues de déplacement successives, privant des dizaines de milliers d’habitants de services essentiels. La violence interreligieuse et à caractère ethnopolitique dans ces villes ne fait qu’aggraver les conditions d’existence des civils.

De plus, les effets du conflit armé en Afghanistan continuent de se faire sentir dans la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays, où de très nombreux blessés traversent la frontière pour se faire soigner.

Le CICR, présent sans discontinuer au Pakistan depuis 1981, continue d’apporter un soutien médical considérable aux hôpitaux de district dans le Khyber Pakhtunkhwa et les FATA, notamment en fournissant des médicaments, un soutien aux infrastructures et une aide à la formation. Les unités de soins médicaux du Croissant-Rouge du Pakistan actives dans le Khyber Pakhtunkhwa, dans les FATA et au Baloutchistan reçoivent également un soutien matériel du CICR.

Depuis le début de l’année 2010, le CICR a fourni des secours d’urgence à plus de 200 000 déplacés internes par mois et aide les membres de familles dispersées en raison de la violence à rétablir le contact avec leurs proches. Le CICR s’efforce de faciliter le retour des déplacés dans leur région d’origine en leur distribuant des semences, des fertilisants et des outils agricoles essentiels, afin de leur permettre de rétablir leurs moyens de subsistance.

(Interview : Christian Cardon du Comité international de la Croix-Rouge; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani).

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14/12/2017
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