ONUSIDA: encourager la circoncision masculine

L'ONUSIDA salue les conclusions d'une étude publiée mercredi à Rome en marge de la conférence scientifique internationale sur le Sida organisée du 17 au 20 juillet. L'étude, réalisée par l’Agence française de recherches contre le sida (ANRS), dans le bidonville d’Orange Farm, dans la banlieue de Johannesburg, fait apparaître que la circoncision permet une baisse de 76% des risques d’infection par le virus chez les hommes.

Selon le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA), cette avancée « confirme que la circoncision masculine, bon marché et que l’on ne doit faire qu’une fois dans la vie, est une méthode de prévention efficace ».

D'après les renseignements fournis par l'ANRS, suite à une campagne intensive de promotion menée par les chercheurs, plus de 20.000 hommes sont venus se faire circoncire dans les locaux mis en place pour cette étude, qui voulait confirmer “dans le monde réel” une baisse du risque de 60% d’être infecté, établie dans des essais cliniques encadrés.

Sur un échantillon d’un peu plus de 1.000 personnes, la moitié circoncises et l’autre pas, les chercheurs ont constaté qu’avec le même comportement sexuel il y avait 76% de moins d’infections dans le groupe circoncis. Si aucun homme n’avait été circoncis dans cette communauté pendant cette période, l’incidence de l’infection au VIH aurait été de 58% plus élevée, ont souligné les chercheurs.

L'ONUSIDA, comme nombre de chercheurs rappellent toutefois avec force à cette occasion que ce moyen de prévention, comme d’autres, devait être utilisé en combinaison, et pas tout seul. La diminution de l’incidence de l’infection dans le monde ne va pas être la circoncision toute seule, les préservatifs tout seuls, le traitement comme prévention tout seul, avertissent les chercheurs qui rappellent que c’est un ensemble, dont font partie aussi l’éducation et la lutte contre la stigmatisation.

En marge de la conférence la Conférence, l'ONUSIDA en collaboration notamment avec la Coalition mondiale sur les femmes et le sida (GCWA), a organisé une réunion afin d’améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs de toutes les femmes, y compris celles qui vivent avec le VIH, à toutes les étapes de leur vie.

Dans un communiqué, l’ONUSIDA souligne que « les femmes vivant avec le VIH sont touchées par la stigmatisation, la discrimination et la violence sexiste ; elles ne peuvent accéder à l’ensemble des services disponibles et sont lésées dans leurs droits fondamentaux ».

Dans le cadre des services de santé, elles disposent souvent de choix limités en matière de planification familiale. Ces femmes sont parfois contraintes de se faire stériliser ou avorter, ce qui constitue une violation flagrante de leurs droits sexuels et reproductifs.

Durant la réunion, l’ONUSIDA et le réseau ATHENA ont lancé un nouveau rapport intitulé « Innovation dans les communautés : améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles grâce à la riposte au VIH ».

Le document compile des études de cas sur des actions communautaires visant à améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes par le biais de la riposte au Sida et inversement. Ce rapport atteste que les femmes sont confrontées à des problèmes spécifiques (comme la violence sexiste) pour accéder à la santé et à leurs droits sexuels et reproductifs.

(Interview: Cate Hankins, Directrice associée de l'ONUSIDA et Conseillère scientifique principale; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous Dossiers, Santé.
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20/10/2017
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