Moyen-Orient: la France exhorte la communauté internationale à assumer ses responsabilités

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation au Moyen-Orient. Les quinze ont entendu l'exposé de Robert Serry. Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix a une nouvelle fois souligné le manque de progrès qui fait que, près de 20 ans après la Conférence de Madrid, la promesse de voir deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte, tarde dangereusement à se concrétiser.

Parmi les interventions, à retenir celle de Gérard Araud. Le Représentant permanent de la France a fait remarquer que les événements que connaît aujourd'hui le monde arabe, Territoires palestiniens compris, sont là pour nous signifier l'urgence et la force de l'aspiration des sociétés arabes à la liberté et à la démocratie. ''Dans quelques semaines, nous atteindrons l'échéance définie par le plan Fayyad. Les attentes de la société civile palestinienne n'ont jamais été aussi élevées. Nous ne devons pas ignorer ce signal et risquer de retomber dans une impasse, avec la menace toujours présente d'une nouvelle escalade de la violence''.

Gérard Araud a souligné la nécessité de trouver l'occasion de relancer le dialogue sous les auspices de la communauté internationale. C'est au regard des propositions des parties, c'est au regard de leurs initiatives pour relancer le processus de paix que la France prendra ses responsabilités, dans le souci constant et unique de faire avancer la paix.

Auparavant, le Représentant permanent de la France avait fait valoir que le monde arabe se trouve au cœur de bouleversements historiques dont la région sortira transformée. Ces évolutions sont le signe de l'aspiration à la liberté des sociétés arabes, a-t-il souligné. La France a salué ce mouvement et réaffirme à nouveau son soutien à tous les efforts déployés pour des transitions démocratiques, pacifiques et négociées.

Pour la France, cet élan régional semble offrir une opportunité unique pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Pour y parvenir la position de la France est fondée sur quelques convictions simples : le statu quo est intenable; seul le dialogue permettra d'aboutir à l'unique solution légitime : deux Etats pour deux peuples ; la relance du processus de paix doit être fondée sur des paramètres équilibrés et agréés par les deux parties. Des paramètres, énoncés devant le Conseil le 18 février.

C'est dans cet esprit que la France a proposé une initiative visant à relancer des négociations sur la base de ces paramètres clairs et équilibrés qui reflètent un large consensus international et qui répondent aux principales attentes des deux parties. Or, il est regrettable que le Quartet pour le Moyen-Orient, lors de sa réunion du 11 juillet, n'ait pas endossé ces paramètres et n'ait pas lancé un appel à la reprise du processus de paix. Malgré cet échec, la France appelle les parties à s'abstenir de toute action qui pourrait nuire à la relance de négociations bilatérales et à ne pas se résigner à la dangereuse impasse actuelle.

La France se félicite des progrès accomplis par l'Autorité palestinienne dans la construction des institutions du futur Etat palestinien. Pour autant, la situation humanitaire dans la bande de Gaza reste préoccupante. La France condamne la poursuite de la colonisation, en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est, et appelle Israël à abandonner ses projets de construction.

Pour Gérard Araud, on ne peut ignorer le contexte régional du processus de paix. Au Liban, les événements survenus à la frontière ont suscité l'inquiétude de la communauté internationale. La France condamne l'attentat contre la FINUL survenu le 27 mai dernier et celui perpétré il y a quelques heures contre le contingent français. Dans ce contexte, la France appelle toutes les parties au respect de leurs obligations définies par la résolution 1701 du Conseil de sécurité. La formation du gouvernement libanais par le Premier ministre Najib Mikati constitue une étape importante pour le Liban et les Libanais.

Par ailleurs, les événements meurtriers survenus les 15 mai et 5 juin sur le plateau du Golan à la frontière syro-libanaise sont préoccupants. La France souligne à nouveau l'absolue nécessité pour les autorités syriennes de faire respecter la zone de séparation entre Israël et la Syrie, conformément à la résolution 350 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Gérard Araud a déclaré que depuis plus de quatre mois, le régime syrien s'est engagé dans la répression systématique de manifestations pacifiques, ignorant les appels de la communauté internationale. Les organisations syriennes pour la défense des droits de l'Homme dénombrent aujourd'hui près de 1 500 morts et 12 000 arrestations politiques. Chaque semaine apporte son cortège de victimes civiles. Les Conseillers du Secrétaire général pour la prévention du génocide et la responsabilité de protéger ont indiqué le 21 juillet que des crimes contre l'humanité pourraient avoir été commis et continuer d'être commis en Syrie.

Gérard Araud a déploré que le 11 juillet dernier, les ambassades de France, des Etats-Unis et du Qatar à Damas ont été attaquées sans que les services de sécurité syriens ne tentent de les défendre. La France condamne de tels agissements qui contreviennent aux obligations de la Syrie au regard du droit international. Ce n'est pas avec de telles initiatives illégales, avec de telles manœuvres grossières que les autorités de Damas parviendront à détourner l'attention du problème de fond : la fin de la répression contre la population syrienne et la mise en œuvre d'une transition démocratique. La France espère que le Conseil de sécurité saura enfin prendre ses responsabilités pour condamner la violente répression que subit le peuple syrien.

(Extrait sonore : Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

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20/10/2017
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