ECOSOC : les problèmes de l'éducation en Afrique et dans les PMA

Kalidou Diallo, le Ministre de l'éducation du Sénégal, au nom des pays francophones

Le Conseil économique et social a tenu, ce matin, à Genève, dans le cadre de son débat de haut niveau, une «concertation spéciale» sur le thème des problèmes de l’éducation en Afrique et dans les pays les moins avancés.

Les débats étaient animés par Cheick Sidi Diarra, Secrétaire général adjoint et Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, et Conseiller spécial pour l’Afrique, qui a notamment souligné que les lacunes en matière d’accès à l’éducation ont des répercussions considérables sur la croissance des pays d’Afrique et des PMA.

Les pays africains ont réalisé d’importants progrès en matière d’éducation depuis l’an 2000 mais ils restent à la traîne par rapport aux autres pays en développement s’agissant de la réalisation de l’éducation pour tous et des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il été rappelé. Sur les 77 millions d’enfants non scolarisés dans le monde, la moitié se trouve en Afrique. Ainsi, le «stock d’éducation mobilisable» en Afrique est insuffisant pour servir de socle à un cycle durable de développement, a-t-on souligné.

Au nombre des problèmes identifiés comme expliquant ce retard, le Ministre kényan de l’éducation a cité les questions sanitaires – dont la prise en main est essentielle pour encourager la scolarisation, en particulier pour les petites filles; les besoins en termes de fourniture de services éducatifs dans les situations de conflit; le faible taux d’alphabétisation des adultes; ou encore la fracture numérique. Les filles, les ruraux et les pauvres sont surreprésentés dans la catégorie des exclus de l’éducation, ont souligné les intervenants. Le défi d’un accès équitable à l’éducation, celui de la qualité de l’éducation ou encore celui de la pertinence de l’éducation – au regard de sa finalité, qui peut-être politique, économique ou culturelle – ont été identifiés par le Ministre sénégalais de l’éducation comme quelques-uns des défis majeurs qui se posent à l’Afrique en matière d’éducation.

L’importance des programmes nutritionnels a également été soulignée à maintes reprises, tout comme l’importance qu’il y a à dispenser un enseignement dans la langue natale des élèves. La Ministre togolaise pour sa part a souligné que d’une façon générale, les besoins actuels dans les pays africains dans le domaine de l’éducation sont les mêmes, bien qu’il existe d’énormes disparités. Elle a attiré l’attention sur l’expérience du Togo pour démontrer que ces disparités sont remarquables à l’intérieur même des frontières nationales.

Le passage de l’école au monde du travail est un problème de taille dans la plupart des pays d’Afrique; après sa sortie de l’école, il faut à un jeune africain entre 3 et 4 ans, voire près de sept années dans le cas du Mozambique, pour trouver un emploi; aussi, les mesures à prendre pour développer l’enseignement post-primaire doivent-elles absolument tenir compte des particularités du marché du travail dont il est question, a pour sa part insisté le représentant du Ministère mauricien de l’éducation. Davantage de scolarisation ne signifie pas nécessairement davantage d’apprentissage, a quant à elle souligné la représentante de la Banque mondiale.

Plusieurs participants au débat interactif qui a suivi ces exposés ont souligné l’importance de mesures incitatives pour encourager les familles à envoyer leurs enfants à l’école. L’accent a également été mis sur la nécessité d’améliorer la qualité de l’enseignement par la qualification des enseignants et un suivi pédagogique. De plus grands efforts doivent par ailleurs être déployés en faveur de l’éducation rurale en Afrique. Le financement de l’éducation a en outre été jugé insuffisant et des efforts doivent être faits à cet égard en particulier en faveur des pays les moins avancés. La Ministre de l’éducation du Lesotho a appuyé à cet égard la mise en place d’un fonds mondial pour l’éducation.

Les participants ont dialogué avec six panélistes: Sam K. Ongeri, Ministre de l’éducation du Kenya; Vasant K. Bunwaree, Ministre de l’éducation de Maurice; Kalidou Diallo, Ministre de l’éducation du Sénégal; Essossimna Legzim-Balouki, Ministre des enseignements primaire et secondaire et de l’alphabétisation du Togo; D.H. Dansinghani, Responsable technique principal au Ministère de l’éducation et des ressources humaines de Maurice; et Elizabeth King, Directrice du secteur de l’éducation à la Banque mondiale.

Ont participé à ces échanges la Ministre de l’éducation du Lesotho et le Secrétaire permanent au Ministère de l’éducation du Bangladesh, ainsi que les représentants des pays suivants: Inde, Népal, Danemark, Allemagne, Malawi, Norvège et Maroc. Des représentants de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ont également pris la parole.

(Extrait sonore : Kalidou Diallo, le Ministre de l'éducation du Sénégal, au nom des pays francophones)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...