Afghanistan : les décès de civils en augmentation, surtout dus aux insurgés

 

Staffan de Mistura, Représentant spécial des Nations Unies en Afghanistan

Les décès de civils lors d’affrontements ont augmenté de 15% ces six derniers mois en Afghanistan, a déploré la Mission d’assistance des Nations Unies dans ce pays (MANUA) dans un nouveau rapport publié jeudi. Cette augmentation est principalement due à l’utilisation d’engins explosifs improvisés par des éléments anti-gouvernementaux.

Dans son rapport, la MANUA dénombre 1.462 civils décédés au cours des six premiers mois de 2011, dont 80% attribués à des éléments anti-gouvernementaux, ce qui constitue une augmentation de 28% des décès de civils causés par des éléments anti-gouvernementaux par rapport à la même période en 2010. Par ailleurs, 14% des décès de civils sont attribués aux forces pro-gouvernementales, ce qui représente une diminution de 9% par rapport à la même période en 2010. Enfin, 6% des décès de civils ne sont attribués à aucune partie au conflit.

Avec 368 civils décédés, le mois de mai a été la période la plus meurtrière depuis que la Mission de l’ONU collecte des données sur les décès de civils en Afghanistan. En juin 2011, 360 civils sont morts dont 86% d’entre sont décédés par le fait d’éléments anti-gouvernementaux.

« Les enfants, les femmes et les hommes afghans continuent d’être tués et blessés dans des proportions alarmantes », a déclaré jeudi le Représentant spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, dans un communiqué.

Les engins explosifs improvisés ou les attaques suicides ont été utilisés par les éléments anti-gouvernementaux dans près de la moitié des décès de civils au cours des six premier mois de 2011. Les frappes aériennes restent la principale cause de décès de civils de la part des forces pro-gouvernementales avec une augmentation due notamment aux attaques d’hélicoptères. Les décès de civils dus à des combats au sol et des affrontements armés ont augmenté de 36%.

« En 2010 les éléments anti-gouvernementaux ont étendu leur utilisation de moyens de guerre illégaux particulièrement meurtriers », a déclaré la directrice des droits de l’homme au sein de la MANUA, Georgette Gagnon, qui a déploré l’utilisation de mines.

« Cette tactique viole le droit à la vie des Afghans et contrevient aux principes du droit international humanitaire que toutes les parties aux conflits sont tenues de respecter afin de minimiser les décès de civils et les blessés », a-t-elle ajouté.

Le Représentant spécial de l’ONU en Afghanistan a souligné « que tous les décès de civils et les blessés, quelles que soient les parties responsables, ont un impact tragique sur les familles et les communautés ». « Les civils ne seront gagnants en Afghanistan que lorsque le nombre de victimes civiles diminuera », a-t-il conclu.

La MANUA a de nouveau exhorté les parties au conflit à faire davantage d’efforts pour respecter les civils, renforcer leur protection et pleinement se conformer à leur obligation de réduire le nombre de victimes civiles.

(Extrait sonore: Staffan de Mistura, Représentant spécial des Nations Unies en Afghanistan; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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12/12/2017
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