Ad Melkert : l'Iraq aura besoin d'un appui soutenu

Ad Melkert, Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation en Iraq, alors que le mandat de la Mission déployée sur place par l'ONU devrait être prorogé de douze mois par le même conseil la semaine prochaine. Les quinze ont entendu un exposé d'Ad Melkert, le Représentant spécial des Nations Unies à Bagdad.

Ad Melkert a estimé que l'Iraq peut être fier des progrès réalisés ces dernières années mais il reste confronté à des défis considérables notamment dans les domaines politique, sécuritaire et économique. Pour les relever, cela passe par un appui solide de la communauté internationale.

Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général a souligné certains des gains réalisés, y compris la tenue d’élections régulières et un système de gouvernement qui intègre une constitution de partage du pouvoir, en garantissant la participation des femmes et des minorités.

« Pour consolider et renforcer les acquis indéniables, il faudra une compréhension aiguë de la nécessité de résoudre les questions en suspens », a-t-il déclaré en présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI).

Dans son rapport, Ban Ki-moon affirme que le pays reste confronté à un certain nombre de défis pour lesquels il aura besoin du soutien fort de l’ONU et de la communauté internationale.

« Je crains que, à la lumière des nombreux défis pressants dans la région, les besoins de base importants de la population iraquienne risquent d'être oubliés, d’autant que l’indice de pauvreté du pays demeure élevé, à 22,9% », écrit le Secrétaire général.

Il note également que, près de sept mois après que le Conseil des représentants a approuvé le gouvernement iraquien actuel, et seize mois après les élections parlementaires historiques de mars 2010, il y a encore des questions en suspens liées au processus de formation du gouvernement, notamment les nominations aux postes clés de la sécurité.

M. Ban appelle les dirigeants politiques de l’Irak à mettre de côté leurs différences et se mettre rapidement d’accord sur la marche à suivre. Le Secrétaire général juge également essentiel de s’assurer que les droits et libertés fondamentaux sont protégés, de lutter contre la menace posée à la stabilité du pays par des groupes d’opposition armés, de renforcer les institutions nationales, et de régler le statut de Kirkouk et d’autres territoires contestés.

Selon Ad Melkert, bien que de nombreux défis demeurent pour traduire dans les esprits et les actes les principes fondamentaux des droits de l'homme et de la démocratie, il est peu probable que les changements obtenus puissent être remis en cause. Pour autant, un lourd tribut a du être payé pour obtenir ces changements. Un coût que l'on peut voir et ressentir au quotidien en observant les victimes et les dommages causés, malgré huit ans d'efforts.

Pour le Représentant spécial, l'évolution de la situation dans la région montre que les changements doivent venir de l'intérieur. Le nouvel Iraq ne deviendra vraiment une nouvelle opportunité pour tous les Iraquiens que si leurs leaders prennent des actions décisives, si les alliés poursuivent leur soutien et si la souveraineté de l'Iraq est respectée. Au cours des prochains mois, les Nations Unies seront bien placées pour rester un partenaire crédible de cette entreprise.

(Extrait sonore : Ad Melkert, Représentant spécial des Nations Unies en Iraq)

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19/10/2017
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