Les sages-femmes pourraient sauver 3.6 millions de vies par an, selon le FNUAP

Au moins 3,6 millions de décès pourraient être évités chaque année dans 58 pays en développement d'ici à 2015, si l’on augmentait le nombre de sages-femmes, révèle un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) publié lundi 20 juin.

Ce document intitulé « L’Etat de la pratique de sage-femme dans le monde 2011 » a été présenté au Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) en cours à Durban, en Afrique du Sud. Il révèle de nouvelles données qui confirment l'existence d'un écart considérable entre le nombre de sages-femmes en activité et de celles qui seraient nécessaires pour sauver des vies.

Au niveau mondial, 350 000 sages-femmes sont encore défaut. Chaque année, 358 000 femmes meurent durant la grossesse ou l’accouchement, quelque deux millions de nouveau-nés meurent dans leurs premières 24 heures de vie et on compte 2,6 millions de cas de mortinatalité, tout cela en raison de soins de santé inadéquats ou insuffisants.

Selon le rapport, si des sages-femmes sont en place, elles peuvent détecter et aiguiller les complications les plus graves vers les services de soins spécialisés. 90 % des décès maternels pourraient être prévenus. Si des centres de soins adéquats étaient accessibles pour traiter les complications dès qu’elles apparaissent, de nombreux décès pourraient être évités soient 61% des décès maternels, 49 % des cas de mortinatalité, et 60 % des décès de nouveau-nés.

"Pour faire en sorte que chaque femme et son nouveau-né aient accès à des services de sage-femme de haute qualité, il nous faut prendre des mesures hardies afin de partir de ce que nous avons déjà accompli à travers les communautés, pays et régions du monde entier", écrit Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, dans l'avant-propos du rapport.

La plupart des décès ou invalidités surviennent dans des pays à faible revenu et résultent du fait que les femmes – souvent pauvres et marginalisées – n’ont pas accès à des centres de santé en bon état de fonctionnement ou à des professionnels de la santé qualifiés, notamment pourvus des compétences de sage-femme.

Elargir l’accès des femmes à des services de sage-femme de haute qualité est devenu un but central des efforts déployés au niveau mondial pour concrétiser le droit de chaque femme aux meilleurs soins de santé possibles durant la grossesse et l’accouchement. Ce but se situe aussi au cœur des trois Objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé, à savoir – réduire la mortalité infantile (OMD 4), améliorer la santé maternelle (OMD 5) et combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies (OMD 6).

Outre l’insuffisance du nombre de sages-femmes, le rapport révèle aussi que la couverture à l’intérieur des pays est inégale, de même que la qualité des services. Il existe une pénurie d’établissements de formation et de possibilités d’emploi pour les sages-femmes. A cela s’ajoute d'autres difficultés majeures telles qu'une réglementation médiocre, la faiblesse des associations professionnelles ainsi que l’omission des services de sage-femme dans les plans d’établissement des coûts des ressources humaines pour la santé maternelle et néonatale.

Le rapport présente une série de recommandations aux gouvernements, organismes régulateurs, établissements d’enseignement, associations professionnelles et organisations internationales qui aideraient à remédier à ces problèmes et à renforcer le statut des sages-femmes dans les 58 pays couverts par l’enquête.

(Extrait sonore : Luc de Bernis, conseiller principal en santé maternelle au FNUAP ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...