Débat à l'Assemblée générale : l'ONU et la gouvernance mondiale

Joseph Deiss, Président de l’Assemblée générale

A New York, l'Assemblée générale se réunit aujourd'hui pour débattre du rôle du système des Nations Unies dans la gouvernance mondiale.

Ce débat informel et thématique a pour objectif de générer des idées sur la réforme des institutions internationales, notamment l'ONU. Celles-ci doivent être adaptées au contexte mondial actuel.

Pour Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, même si les pays émergents et en développement ont un rôle de plus en plus important a jouer dans l'économie globale, ils n'en tirent pas forcément les bénéfices et ont très peu à dire sur la gestion de cette économie. Il faudrait donc que les structures de gouvernance économiques internationales les tiennent en compte. Même si des réformes ont été entreprises ces dernières années, elles ne sont pas suffisantes. Ban Ki-moon a aussi souligné la nécessité de coopérer avec les organisations multilatérales, tel le G-20, afin d'assurer que les besoins des plus pauvres et vulnérables y soient représentés.

Pour Joseph Deiss, Président de l'actuelle Assemblée générale, qui a fait de la question du rôle des Nations Unies et de l'Assemblée générale dans la gouvernance mondiale le principal thème de sa présidence, il faut un system qui soit « performant, représentatif et inclusif. » Il doit être efficace ; il doit tenir compte des démunis ainsi que des mieux lotis ; et il doit inclure les divers acteurs sur la scène international au-delà des gouvernements, notamment le secteur privé et la société civile.

Selon Joseph Deiss, nous assistons à la « critique et à la marginalisation de certaines institutions multilatérales traditionnelles et à une prolifération de groupements et initiatives ad-hoc. » Cependant, le système qui émerge est incapable de trouver une solution à toutes les questions qui sont à l'ordre du jour – Proche Orient, réchauffement climatique, la réforme du Conseil de sécurité, etc. Même si le G-20 a montré sa capacité à gérer les crises de façon efficace lors de la dernière crise économique mondiale, selon Deiss, cette instance n'est pas pour autant légitime. Seule l'Assemblée générale avec ses 192 Pays membres, détient cette légitimité démocratique. Il faut donc trouver les mécanismes de légitimation des décisions du G-20. Il faut continuer la réflexion et trouver des solutions concrètes pour améliorer le système de gouvernance mondiale.

(Extrait sonore : Joseph Deiss, Président de la 65ème Assemblée générale des Nations Unies)

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20/10/2017
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