Côte d'Ivoire : halte aux violations graves des droits de l'homme

De nombreuses violations graves des droits de l'homme et du droit humanitaire international ont été commises en Côte d'Ivoire depuis le déclenchement de la crise postélectorale en novembre 2010, a conclu jeudi la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Côte d'Ivoire.

Le rapport de la Commission d'enquête a été présenté jeudi à Genève, au Conseil des droits de l'homme de l'ONU par son président le Thaïlandais Vitit Muntarbhorn.

Même si force est de reconnaitre que la crise postélectorale est née du refus de Laurent Gbagbo d'accepter le verdict des urnes déclarant son adversaire Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle, il est nécessaire de souligner que « les origines de cette crise sont à rechercher dans l'impunité qui a prévalu à ce jour pour les violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire », note la Commission dont les membres ont séjourné dans le pays du 4 au 28 mai 2011.

La Commission a en outre dressé un constat selon lequel, les violations les plus graves ont été commises à Abidjan ainsi que dans la région de l'ouest et impliquent les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara.

« De manière schématique, on peut dire que juste après l'élection présidentielle, les personnes perçues comme supportant le candidat Ouattara, du fait notamment de leur ethnie, leur appartenance politique ou leur religion ont subi la répression des Forces de défense et de sécurité (FDS),des milices et mercenaires affiliés », a affirmé Suliman Baldo, membre de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Côte d'Ivoire. Mais à partir du mois de mars, les populations considérées comme des proches de M. Gbagbo ont été victimes de représailles de la part notamment du Commando invisible à Abidjan et des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI),lors de l'assaut final pour contrôler le pays, a-t-il ajouté.

Au regard de l'insécurité qui prévaut actuellement dans le pays, la Commission d'enquête a exhorté le gouvernement à restaurer la sécurité. Par ailleurs, il demande aux autorités ivoiriennes de mettre urgemment en œuvre la reforme sécuritaire notamment en accélérant le processus de réunification de l'armée et à traduire en justice tous les personnes coupables de crimes.

 (Extrait sonore : Suliman Baldo, membre de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Côte d'Ivoire ; propos recueillis par Martial Assème)

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20/10/2017
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