Soudan: 40.000 à 70.000 personnes ont fui Abyei (ONU)

Image d'Abyei au Soudan suite à une attaque.

Entre 40.000 et 70.000 personnes auraient fui les violences dans la région disputée d’Abyei, à la frontière du Nord et Sud-Soudan, occupée depuis samedi par les troupes nordistes.

Au terme d'une première mission d'évaluation dans la zone, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) estime qu'au moins 40 000 personnes ont fui les combats et que ce nombre pourrait passer à 70 000, en raison de la difficulté à localiser certains déplacés.

Le porte-parole d'OCHA décrit « une situation extrêmement difficile et imprévisible dans la ville d'Abyei ». Selon Elisabeth Byrs, à la suite de cette mission d'évaluation, il a été confirmé que les pillages continuent, des maisons ont été brûlées et des hommes armés patrouillent la zone. « La situation dans et autour Abyei reste très, très instable, des tirs sporadiques ont été entendus dans la nuit de mercredi à jeudi », ajoute-t-elle.

L'équipe des experts humanitaires qui s'est rendue à Agok, Mayen Abun et Turalei, aurait surtout découvert des personnes vulnérables en détresse, notamment des femmes, des enfants et des vieillards fuyant complètement vers le Sud. Elle a aussi confirmé que les locaux de certaines agences humanitaires ainsi que des stocks d’aide d’urgence avaient été pillés.

Le rapport de situation d'OCHA à la date du 25 mai note que les responsables de l’ONU ont relevé « une importante présence d’hommes en armes ». Les SAF (Forces armées du Soudan) ont pris samedi le contrôle de la ville et se sont déployées jusqu’à plusieurs kilomètres plus au sud, en violation des accords de paix qui avaient mis fin en 2005 à la guerre civile entre le Nord musulman et le Sud chrétien. « Les SAF maintiennent leur présence dans la ville, de même la présence d’un grand nombre de milices Misseriya a été rapporté », souligne encore Ocha.

Dans ces conditions, l'urgence pour les humanitaires est désormais de localiser toutes les personnes ayant fui, mais aussi retrouver celle qui se réfugiées en brousse. Autre priorité, assister les personnes déplacées déjà localisées, renforcer le prépositionnement et transporter des vivres pour les déplacés.

« Il va falloir faire vite car le temps presse », avertit Elisabeth Byrs qui justifie cette course contre la montre par l'arrivée de la saison des pluies, qui rendraient les routes très difficiles.

En attendant, les humanitaires ont commencé à distribuer de la nourriture et d’autres choses, comme des toiles pour des abris, dans certaines régions. Ils ont ainsi fourni des vivres à 3000 personnes déplacées à Mayen Abun.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU; propos recueillis par Alpha Diallo)

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19/10/2017
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