Pollution : les villes montrées du doigt

Les effets de l'urbanisation et du changement climatique convergent aujourd'hui dangereusement et menacent sérieusement la stabilité environnementale, économique et sociale du monde entier. C'est ce qui ressort du dernier rapport d'HABITAT, l'agence de l'ONU en charge des établissements humains intitulé : " Les villes et le changement climatique : Rapport mondial 2011 sur les établissements humains". Selon le Directeur exécutif d'HABITAT, Joan Clos, les villes sont à l'origine de 70% des émissions de gaz à effet de serre, alors qu'elles ne couvrent que 2% de la surface du globe.

Le rapport décrit des mesures prometteuses d’atténuation et d’adaptation pour un développement urbain plus conforme aux notions de “durabilité” et de “résilience”. Selon ce rapport, l’action locale est indispensable pour que les pays respectent les engagements pris en matière climatique dans le cadre des négociations internationales.

Pourtant, la plupart des mécanismes de l’appareil international consacré au changement climatique s’adressent principalement aux gouvernements nationaux et ne donnent aucune indication claire pour la participation des gouvernements et acteurs locaux. Mais, malgré ces lacunes, le cadre international actuel et ses différents niveaux organisationnels permettent de lancer des initiatives locales, à l’échelle des villes. Le nœud du problème est que les différents intervenants, à tous les niveaux, doivent agir sur des périodes très courtes pour préserver des intérêts à long terme et globaux, qui peuvent sembler pour le moins lointains et imprévisibles.

Parmi les principales conclusions du rapport figure le fait que la proportion des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les humains (ou anthropiques) dans les villes pourrait se situer entre 40 et 70 pour cent, si l’on se réfère aux chiffres basés sur la production (chiffres calculés en additionnant les émissions de GES provenant de toutes les structures implantées au sein des villes). Cette proportion atteint même entre 60 ou 70 pour cent si l’on se base sur la consommation, c’est-à-dire en additionnant les émissions de GES dues à la production de toutes les marchandises
consommées par les citadins, quelle que soit la région de production).

Le document rappelle que les principales sources d’émission de GES dans les zones urbaines sont liées à l’utilisation de combustibles fossiles. Cela comprend l’approvisionnement énergétique nécessaire à la production d’électricité (principalement à partir de charbon, de gaz et de pétrole); les transports; les consommations énergétiques des bâtiments commerciaux et résidentiels pour l’éclairage, la préparation des repas, le chauffage et la climatisation ; la production industrielle et le traitement des déchets.

Le rapport précise néanmoins qu’il est impossible de donner des chiffres précis sur le niveau des émissions urbaines car il n’existe aucune méthode mondialement acceptée pour en déterminer l’ampleur. De plus, la vaste majorité des centres urbains mondiaux n’a jamais essayé d’inventorier ses émissions de GES.

(Extrait sonore: Joan Clos, Directeur exécutif d’HABITAT; propos recueillis par Joceylne Sambira)


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17/10/2017
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