OMS : risques de cancer associés à l'usage de portables

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) ont annoncé mardi avoir classé les champs de radiofréquences électromagnétiques comme présentant des risques cancérigènes pour l’homme en se fondant sur un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau malin associé à l’utilisation des téléphones sans fil.

Cette annonce est le résultat d’une réunion de huit jours à Lyon à laquelle ont participé une trentaine d’experts de 14 pays sous l’égide du CIRC. Le groupe de travail a examiné les effets sanitaires possibles sur le long terme de l’exposition aux champs de radiofréquences électromagnétiques, et s’est particulièrement intéressé au risque accru de cancer en fonction de différents types d’exposition : exposition occasionnelle aux radars et micro-ondes, exposition aux transmissions de signal radio, télévision, et télécommunication sans fil, et exposition individuelle associée à l’utilisation de téléphones sans fil.

« Cela a un intérêt pour la santé publique, en particulier pour les utilisateurs de téléphones mobiles, puisque le nombre d’utilisateurs est important et croissant, en particulier chez les jeunes adultes et les enfants », a souligné l’OMS dans un communiqué de presse, en rappelant que les effets néfastes de l’exposition aux champs émis entre autres par les téléphones portables étaient une préoccupation grandissante et que le nombre d’abonnements était estimé à 5 milliards dans le monde.

Selon l’OMS, le groupe d’experts internationaux a analysé des données d’exposition, des études sur le cancer chez les humains, des études sur le cancer chez les animaux et d’autres données pertinentes avant de conclure à un risque limité de gliome et neurinome de l’acoustique chez les utilisateurs de téléphones sans fil et estimer que les données sont insuffisantes pour tirer des conclusions sur d’autres types de cancers. Le Groupe de travail n’a pas quantifié le risque, mais une étude sur l’utilisation passée des téléphones cellulaires -jusqu’en 2004- a montré une augmentation de 40% de risques de gliome dans la catégorie la plus haute placée des utilisateurs (à savoir une moyenne signalé de 30 minutes par jour sur une période de 10 ans).

Le Docteur Jonathan Samet, président du Groupe de travail, a indiqué que « les éléments de preuve, tout en continuant à s’accumuler, sont assez forts pour soutenir la conclusion et la classification 2B. Cela signifie qu’il pourrait y avoir certains risques, et donc que nous devons surveiller de près un lien entre les téléphones cellulaires et le risque de cancer ».

« Etant donné les conséquences potentielles pour la santé publique de ce classement, il est important que des recherches supplémentaires soient menées sur l’utilisation intensive des téléphones mobiles sur le long terme », a ajouté le Directeur du CIRC Christopher Wild. « En attendant que ces informations soient disponibles, il est important de prendre des mesures pragmatiques pour réduire l’exposition tels que des dispositifs mains-libres ou des SMS », a-t-il précisé.

Un rapport complet résumant les conclusions du groupe de travail du CIRC et l’évaluation des risques cancérigènes de l’exposition aux champs de radiofréquences électromagnétiques sera publié dans le numéro de la revue spécialisée britannique The Lancet Oncology à paraître le 1er juillet.

(Mise en perspective : Martial Assème)

Classé sous L'info, Santé.
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16/10/2017
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