Niger : faire prévaloir le consentement préalable

Session de l'Instance permanente sur les questions autochtonesAlors que les autorités continuent d'attribuer à des multinationales des permis d'exploitation des ressources minières, les populations du nord du Niger demeurent dans l'extrême pauvreté et exposées aux dangers de la radioactivité, a regretté le coordinateur de l'ONG Tunfa.

Albachir Aboubacar juge inconcevable que les Touareg issus du nord du Niger soient ignorés, laissés pour compte et leurs droits bafoués pendant que les sociétés minières continuent de s'enrichir. Ce manque de considération à l'égard des Touareg est l'une des raisons majeures de l'instabilité dans cette région du nord du pays où plusieurs rebellions ont déjà éclaté, a-t-il expliqué.

Par ailleurs, il a dénoncé le non respect du consentement préalable tel que prévu dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée en 2007.

« Il ya des populations qui ont été déguerpies de leurs terres sans indemnisations et sans consentement préalable », a-t-il indiqué.

Albachir Aboubacar milite en faveur du respect de cette disposition de la Déclaration, appelant les autorités nigériennes à faire montre d'un engagement appuyé pour impliquer davantage les Touareg dans la gestion de tout ce qui touche à leur environnement.

L'Article 10 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones stipule que les peuples autochtones ne peuvent être enlevés de force à leurs terres ou territoires et qu'aucune réinstallation ne peut avoir lieu sans « le consentement préalable donné librement et en connaissance de cause » et sans un accord sur une indemnisation juste et équitable.

(Extrait sonore : Albachir Aboubacar, coordinateur et responsable du volet éducation de l'ONG Tunfa ; propos recueillis par Martial Assème)

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18/10/2017
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